Le retour de la Françafrique, sur la pointe des pieds

La République Centrafricaine

La République Centrafricaine

La France a déjà choisi son candidat pour la prochaine élection présidentielle en Centrafrique, affirme le journaliste et écrivain Marcus Boni Teiga, ancien directeur de l’hebdomadaire Le Bénin Aujourd’hui. Ainsi la doctrine Hollande, « qui consiste pour la France à user de son influence à l’ONU pour obtenir la couverture de droit, consulter les pays africains ou les associer à ses interventions ne relève que du trompe-l’œil ». 


 Passé les atermoiements qui ont précédé la chute de François Bozizé le 24 mars 2013, le président François Hollande a finalement engagé les troupes françaises sur le sol centrafricain le 5 décembre dernier, en réponse au chaos sécuritaire et à la crise humanitaire consécutive à la prise du pouvoir par les ex-rebelles de la coalition Séléka. Mais cette deuxième intervention militaire dans son ancien « pré carré », après celle du Mali, marque aussi de façon paradoxale le grand retour de la Françafrique. Sur la pointe des pieds.

Peu avant la chute de son régime, l’ancien président François Bozizé avait usé de tous les moyens pour faire jouer les accords de défense entre la France et la Centrafrique. En vain. Le président François Hollande, qui avait promis d’ouvrir une nouvelle page d’histoire dans les relations avec ses ex-colonies, ne s’était pas laissé attendrir outre mesure. Face à l’avancée de la Séléka sur Bangui, il avait choisi la carte de la neutralité. Mais la France était loin de se douter qu’en lâchant Bozizé, le pays allait basculer dans le chaos.

Le nouveau président, Michel Djotodia, qui a été porté au pouvoir par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, s’est ainsi trouvé désemparé face aux agissements de ses hommes, les éléments de la Séléka n’ayant de cesse de se livrer à des pillages, des viols et des exécutions sommaires. Conséquence : les populations civiles, en majorité chrétiennes, se sont organisées en milices d’auto-défense Anti-Balaka contre la Séléka. Le renversement du régime de François Bozizé a donc rapidement fait dégénérer le coup d’Etat en conflit à caractère confessionnel, les musulmans du pays en devenant des victimes expiatoires. Au même titre que les ressortissants tchadiens, dont le pays est montré du doigt pour son soutien à la Séléka désormais au pouvoir.

En accédant à la magistrature suprême en 2012, François Hollande avait promis aux Africains un nouveau partenariat basé sur le développement et le business avec la France, en lieu et place de la Françafrique et de ses réseaux occultes qui favorisent non seulement la naissance d’oligarchies au pouvoir mais aussi leur maintien ad vitam aeternam, grâce au pillage des ressources des pays au détriment des peuples.

Au Mali comme en Centrafrique, les interventions militaires françaises cachent mal une stratégie de repositionnement géopolitique de la France dans ses ex-colonies, échaudée par son manque de politique africaine ces dernières années et une occupation grandissante du terrain de la part des puissances comme la Chine, les Etats-Unis, l’Inde et bien d’autres pays émergents. Ce que d’aucuns ont baptisé la « doctrine Hollande » en Afrique n’est, au fond, en rien différent des pratiques de jadis, si décriées, de la Françafrique. Car en fait de « doctrine Hollande », qui consiste pour la France à user de son influence à l’ONU pour obtenir la couverture de droit, consulter les pays africains ou les associer à ses interventions ne relève que du trompe-l’œil. Avec au final le même objectif que celui auquel la Françafrique s’est toujours dévouée. Et si l’opération « Serval » au Mali n’avait pas permis de s’en rendre compte, l’opération « Sangaris » en cours en Centrafrique en dit long.

En effet, alors même qu’à Paris le sommet France-Afrique de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique s’ouvrait, et que des soldats français prenaient pied à Bangui le 6 décembre dernier, l’après-Sangaris se jouait déjà. Et cela, dans les règles de l’art de la Françafrique, comme du temps même où Jacques Foccart officiait à la Cellule africaine de l’Elysée. Sauf que cette fois-ci, c’est sous la houlette du secrétaire du PS, Harlem Désir, que les socialistes au pouvoir se sont activés pour trouver le prochain président de la Centrafrique. Au cours d’une rencontre secrète en marge dudit sommet, l’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé a été coopté par les réseaux du parti au pouvoir en France pour se présenter à la prochaine présidentielle en Centrafrique.

On n’est certes plus au temps où la France pouvait débarquer des militaires dans ce pays et avec un président dans ses valises. Les opérations « Caban » et « Barracuda » qui avaient remis au pouvoir, en septembre 1979, le président David Dacko (chef de l’Etat et du gouvernement de la RCA du 28 octobre 1958 au 31 décembre 1965 avant d’être chassé par le putsch de Jean-Bedel Bokassa) sont bien présentes dans les mémoires pour illustrer ces grands moments de la Françafrique. Mais aujourd’hui, les socialistes au pouvoir, faute de tenir leurs promesses quant à écrire une nouvelle page d’histoire dans les relations entre la France et l’Afrique, ont remis la Françafrique au goût du jour, du moins à leur goût. Dont acte !

source Médiapart

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SOUS DEVELOPPEMENT : Un mal comportemental

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Nous les populations des pays pauvres, avons toujours avancé des arguments fallacieux pour justifier notre très grand retard sur les autres pays du monde. Je  ne rentre pas personnellement dans cette logique. Je pense bien que notre sous développement est dû à notre propre comportement.

La différence entre les pays pauvres et les pays riches n’est pas en fonction de l’âge du pays. En effet, les pays comme l’Inde et l’Egypte ont plus de 2000 ans d’existence, mais sont toujours bien pauvres. Pourtant, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande ayant été des pays inexpressifs il y a 150 ans, sont aujourd’hui des pays développés et riches.

Site pétrolier au Nigeria(Photo google)

Site pétrolier au Nigeria(Photo google)

Il faut également savoir que la différence entre pays pauvres et pays riches n’est pas en fonction de l’étendue du territoire et les ressources naturelles. Le Nigéria, le Géant aux pieds d’argile est un exemple qui illustre cette thèse.  Considérablement vaste et regorgeant beaucoup de sites pétroliers, ce pays demeure toujours parmi les pays au bas de l’échelle dans le classement mondial.

Cependant, le Japon a un territoire limité, 80% de montagnes, inadéquat pour l’agriculture et l’élevage. Paradoxalement, avec ce relief ingrat, ce pays  était récemment la seconde économie mondiale après les Etats Unis d’Amérique. Le Japon est comme une vaste usine flottante, important des matières premières de la terre entière et exportant les produits manufacturés.

La Suisse est un autre exemple dans la mesure où elle ne plante pas de cacaoyer mais, a les meilleurs chocolats du monde. Sur son petit territoire, elle fait de l’élevage et ne peut planter que pendant 04 mois dans l’année. En plus, elle a les produits laitiers de meilleures qualités. C’est un petit pays qui donne une image de sécurité et de l’ordre de travail. Ce qui fait de lui le pays le plus sûr du monde.

La communication entre les cadres de pays riches et ceux des pays pauvres montre bien qu’il n y a pas de différence intellectuelle significative entre eux.

La couleur de la peau et la race n’a aucune importance : les immigrants taxés de paresseux dans leurs pays d’origines constituent la force productrice dans les riches pays de l’Europe.

QU’ELLE EST ALORS LA DIFFERENCE ?

La différence entre les pays riches et les pays se trouve incontestablement dans le comportement des gens, façonnés au fil des années par l’éducation et la culture.

Une analyse approfondie du comportement des populations des pays riches et développés nous laisse savoir que la grande majorité suivent les principes suivants qui régissent leur vie quotidienne :

  • Ø Ethique, comme principe de base
  • Ø Intégrité
  • Ø Responsabilité
  • Ø Respect des lois et règles
  • Ø Respect des droits des autres citoyens
  • Ø Amour du travail
  • Ø S’efforcer à apprendre et à servir
  • Ø Volonté de bien faire
  • Ø Ponctualité
  • Ø Aimer son pays et vouloir y vivre en paix

Par compte, dans les pays pauvres, seule une minorité presque inexistante suit ces principes de base dans leur vie de tous les jours.

Notre pauvreté n’est nullement un manque de  ressources naturelles, encore moins une quelconque cruauté de la nature à notre égard. Notre mauvais comportement est la véritable cause de notre pauvreté. Il nous manque la volonté de respecter et d’enseigner ces principes de fonctionnement qu’on adopté les pays riches.

L’Afrique doit savoir que son sous développement n’est pas une fatalité. Il faut une volonté commune pour que ce beau continent puisse mettre en valeur l’immense richesse que Dieu le tout puissant lui a donné.

source Réflexion……Action

POLITIQUE Sommet des pays du ‘’BRICS’’ – Ouattara aux côtés des Cinq grands pays émergeants

© Présidence par C I bou T 
Sommet du BRICS: le président Ouattara aux côtés des Cinq grands pays émergeants


© Présidence par C I bou T
Sommet du BRICS: le président Ouattara aux côtés des Cinq grands pays émergeants

Le Président de la République, SEM. Alassane OUATTARA, est arrivé à Durban, en Afrique du Sud, ce lundi 25 mars 2013 à 22H10 GMT (00H10, heure locale) en vue de prendre part au Forum du dialogue des pays du ‘’BRICS’’, regroupant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Ce Sommet, le 5è du genre, qui se tient du 26 au 28 mars 2013, a pour thème central ‘’ BRICS et l’Afrique : Partenariat pour le développement, Intégration et Industrialisation’’.
Dans la déclaration faite à sa descente d’avion à l’aéroport de Durban, le Président Alassane OUATTARA a indiqué que cette réunion du ‘’BRICS’’, des grands pays émergents, est ‘’importante’’ pour le monde en développement, pour l’Afrique et en particulier pour la Côte d’Ivoire ; qui a de grands projets avec des pays émergents tels que la Chine et bientôt le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud. Tout comme avec la Russie qui investit dans l’exploration pétrolière.
Ce sera donc l’occasion, a souligné le Président de la République, de rencontrer les Chefs d’Etat de ces cinq pays qui constituent un ‘’morceau important de l’économie mondiale’’, d’échanger avec eux, de leur dire que la ‘’Côte d’Ivoire est au travail’’ et qu’elle a surtout ‘’besoin d’investisseurs’’.
Pour ce déplacement de la capitale de la Province du Kwazulu natal, le Chef de l’Etat est accompagné de deux membres du gouvernement, le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, Charles Diby Koffi DIBY ; le Ministre de l’Industrie, Jean- Claude BROU, ainsi que des membres du Cabinet présidentiel.
La cérémonie solennelle d’ouverture de ce 5è Forum du dialogue des pays du ‘’BRICS’’ est prévue pour le mercredi 27 mars 2013, en milieu d’après- midi.
Notons qu’à l’agenda du Chef de l’Etat au cours de son séjour en Afrique du Sud, il est prévu un petit-déjeuner de travail avec le nouveau Président chinois et une rencontre avec la Communauté ivoirienne le jeudi 28 mars 2013.

(service de communication de la Présidence)

source abidjan.net

LES CHELOIDES : Une maladie genante

une personne souffrante de chéloide

une personne souffrante de chéloide

Même la nuque en souffre

Même la nuque en souffre

Description

Les chéloïdes sont des tumeurs fibreuses bénignes (non cancéreuses) de la peau. Les personnes dont la peau est plus foncée (par ex. celles qui sont originaires de l’Afrique de l’Ouest ou de l’Inde du Sud) les observent plus fréquemment, surtout si elles ont entre 10 ans et 30 ans. Les hommes et les femmes ont la même probabilité d’être atteints de chéloïdes.

Causes

Les chéloïdes se développent habituellement sur une lésion de la peau (par ex. provoquée par l’acné, des brûlures, la varicelle, des coupures, des piqûres d’insectes, des perçages, une cicatrice d’intervention chirurgicale, des tatouages, des vaccins), quoiqu’il leur arrive d’apparaître spontanément. La formation d’une chéloïde n’est pas déterminée par la gravité de la lésion – même une légère abrasion cutanée peut être à l’origine d’une chéloïde.

Les chéloïdes se forment à la suite d’une cicatrisation anormale d’une plaie. Il existe normalement un équilibre entre la production et la dégradation ducollagène, une protéine qui est un constituant des fibres de la peau. Une chéloïde se développe sur une cicatrice lorsque certaines cellules de la peau appeléesfibroblastes produisent des quantités excessives de collagène. Les fibres de collagène sont également plus épaisses et enchevêtrées. Elles jouent un rôle dans l’apparence épaisse et surélevée caractéristique des cicatrices chéloïdiennes. On ignore le processus exact par lequel cette cicatrisation inhabituelle se produit. Parmi les causes possibles, on retrouve certains facteurs génétiques, la tension de la peau et la présence d’un très grand nombre de fibroblastes dans la peau.

Symptômes et Complications

Les chéloïdes sont habituellement fermes, surélevées, luisantes et lisses. Elles sont souvent roses ou rouges, ou d’une couleur beaucoup plus foncée ou plus pâle que celle de la peau adjacente. Les chéloïdes s’étendent toujours au-delà des limites de la lésion originale, parfois par plusieurs centimètres. La couleur, la forme et les dimensions des cicatrices peuvent changer avec le temps. Elles ne sont habituellement pas douloureuses, mais elles provoquent souvent des démangeaisons.

Les chéloïdes sont plus susceptibles d’apparaître sur les bras, le dos, les oreilles, la partie inférieure des jambes, le centre de la poitrine et le cou. Elles peuvent se former pendant la cicatrisation de la lésion ou prendre plusieurs mois et même des années à se développer, et il arrive que leur croissance se continue indéfiniment.

Les cicatrices chéloïdiennes occasionnent habituellement peu de complications. Selon leur apparence et leur localisation, elles peuvent provoquer une certaine détresse psychologique, car elles sont susceptibles de devenir très saillantes. Les chéloïdes peuvent nuire à certains mouvements, en particulier si elles siègent sur une articulation. Il est possible que les chéloïdes deviennent cancéreuses, mais c’est très rare.

Diagnostic

Le diagnostic de chéloïdes peut être posé par votre médecin, ou un dermatologue, qui se base d’abord sur la localisation et l’apparence de la cicatrice, puis sur sa prolifération au fil du temps. Il se peut que votre médecin vous fasse subir un examen physique et qu’il passe en revue vos antécédents médicaux et personnels pour éliminer la possibilité d’autres affections.

Traitement et Prévention

Il n’y a pas de méthode efficace à l’heure actuelle pour traiter les chéloïdes ni pour prévenir leur formation. On recommandait autrefois l’ablation chirurgicale des cicatrices. De 45 % à 100 % des personnes verront toutefois leur cicatrice réapparaître si l’intervention chirurgicale n’est pas combinée à une autre forme de traitement (par ex. la radiation, des pansements compressifs). De plus, il se peut que la nouvelle cicatrice soit plus grande et plus saillante que l’originale.

L’injection de stéroïdes, comme la triamcinolone, directement dans la cicatrice représente l’un des principaux éléments de base du traitement et de la prévention. Les stéroïdes aident à prévenir l’inflammation et à promouvoir la dégradation du collagène. Les cicatrices deviennent alors moins proéminentes tandis que la douleur et la sensibilité qu’elles suscitent s’atténuent.

On utilise maintenant les traitements au laser pour plusieurs types de problèmes cutanés, notamment les chéloïdes. Ce traitement est souvent combiné à des injections de stéroïdes pour obtenir les meilleurs résultats cosmétiques.

Les pansements contenant du gel de silicone sont souvent utilisés à la place des injections de stéroïdes. Toutefois, peu de données nous autorisent à penser que ces pansements préviennent efficacement une cicatrisation anormale pour les personnes qui courent un risque élevé de contracter des chéloïdes. Parmi les autres options thérapeutiques, on retrouve la radiothérapie et des médicaments comme l’interféron, le 5-fluorouracile et la bléomycine.

source sante chez nous

Franc-maçonnerie : l’Afrique bien logée

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Rares sont ceux qui avouent leur appartenance. Pourtant, avec ses rites et son goût du secret, la franc-maçonnerie fascine et fait chaque jour de nouveaux adeptes. Et sur le continent, dans les cercles du pouvoir, beaucoup en font partie.

À Libreville, on l’a surnommé « Papa Roméo ». On a remarqué qu’il avait préféré se faire discret et ne pas se montrer au grand raout annuel des francs-maçons (les Rencontres humanistes fraternelles africaines et malgaches, Rehfram), qui s’est tenu les 9 et 10 mars dans la capitale gabonaise. On sait aussi qu’il avait peu apprécié de voir diffusées, il y a deux ans, les images de son intronisation. Lui, c’est Ali Bongo Ondimba, grand maître de la Grande Loge du Gabon et président de la République (le PR à l’origine du nom de code « Papa Roméo »).

Le chef n’était pas là, mais ses « frères » et « soeurs » avaient fait le déplacement jusqu’au Palais des conférences de la Cité de la démocratie, à Libreville. Deux jours durant, ils ont planché sur un thème, aux allures de mantra : « Si nous persévérons sur le chemin de la vertu, la vie devient calme et paisible ». Un exercice purificatoire ? Peut-être. Les francs-maçons sont accusés d’avoir perdu les valeurs de justice, de liberté et de tolérance qu’ils étaient censés défendre. « En France, ils peuvent se prévaloir d’avoir mené certains combats pour la laïcité ou l’abolition de la peine de mort, explique un leader de la société civile gabonaise. Chez nous, ils sont arrivistes et carriéristes. Ils viennent aux tenues blanches dans l’espoir de rencontrer un ministre ou de faire une affaire. »

Mafia

L’imaginaire populaire va plus loin encore, faisant de la franc-maçonnerie une société mystérieuse et redoutable, où les rites ont des parfums de messe noire, et que les profanes qualifient parfois de « mafia » ou même de « synagogue de Satan ». « Personne ne parle de nos oeuvres de bienfaisance et de nos actions sociales, déplore un frère gabonais. Notre image est détruite. On va jusqu’à nous accuser de crimes liés aux rituels et de trafics d’organes humains. »

En Côte d’Ivoire, plusieurs membres influents du gouvernement ont été initiés.

Importée en Afrique dans les cantines des administrateurs coloniaux, la franc-maçonnerie enregistre pourtant chaque jour de nouvelles recrues dans les rangs du monde politique, économique et militaire… En Côte d’Ivoire, les vocations sont nombreuses. Si le président Ouattara n’est pas connu officiellement pour être un frère triponctué, son Premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio, et son ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, le sont. Près de la moitié du gouvernement actuel fréquenterait les temples. La Grand Loge de Côte d’Ivoire (GLCI), installée dans le quartier de Marcory-Zone-4, à Abidjan, est pilotée par le grand maître Magloire Clotaire Coffie. Elle aurait récemment accueilli le procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio. D’autres personnalités, comme Georges Ouegnin, ancien directeur de protocole d’État, et Laurent Ottro Zirignon, oncle de l’ancien président Gbagbo, « manient la truelle ».

Élite

Chez les voisins maliens et guinéens, on observe le même phénomène d’expansion. Amadou Toumani Touré, renversé le 21 mars, et Alpha Condé veillent aux destinées respectivement de la Grande Loge du Mali et de celle de Guinée. Quant à Blaise Compaoré, il était – jusqu’à ce qu’il cède la place à Djibrill Bassolé, son chef de la diplomatie – grand maître de la Grande Loge du Burkina, qui compte dans ses rangs de nombreux ministres, diplomates et hommes d’affaires, notamment une partie de la direction de la chambre de commerce nationale. Plus au sud, le Béninois Thomas Boni Yayi, évangéliste patenté, a toujours contesté son appartenance à la franc-maçonnerie mais cultive d’étroites relations dans le milieu. Le Togolais Faure Gnassingbé entretient le doute, et fait sourire certains frères : « Ce jeune président a vite compris le moyen de contrôler son élite », remarquent-ils.

Seul le Sénégal, berceau de la franc-maçonnerie africaine au XIXe siècle, semble connaître un léger recul. Pourquoi ? Les confréries y tiennent une place plus importante, au point que l’appartenance à telle ou telle loge a été utilisée comme une arme de dénigrement au cours de la campagne présidentielle. Le camp d’Abdoulaye Wade, le chef de l’État sortant, a accusé Macky Sall d’« en être » (information démentie par l’intéressé), oubliant au passage que « Gorgui » avait lui-même été initié. Avant lui, l’ancien président Abdou Diouf était réputé très proche de la maçonnerie.

Cooptation

Combien sont-ils ? Difficile à dire avec exactitude. « On compte entre 25 000 et 30 000 francs-maçons en Afrique francophone, dont 15 % de femmes, estime Hervé-Emmanuel Nkom, initié au Grand Orient. Nos soeurs sont bien implantées en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Gabon et à Madagascar. » Elles sont avocates, médecins, pharmaciennes, journalistes… Sur le plan de l’africanisation de la maçonnerie, la Grande Île est très avancée avec une dizaine d’obédiences, dont le Grand Rite malgache (GRM), la Grande Loge traditionnelle et symbolique de Madagascar (GLTSM) ou le Grand Rite malgache féminin (GRMF). L’homme d’affaires Andry Rabefarihy et l’ancien directeur général de l’Institut malgache d’innovation Martial Rahariaka ne font pas mystère de leur appartenance.

Frère célèbre, le Gabonais Omar Bongo Ondimba pensait que « l’engagement à l’Art royal exig[eait] des frères et soeurs qu’ils s’impliquent de plus en plus dans les choses de la cité ». Les francs-maçons régnaient alors à tous les échelons du pouvoir à Libreville, même si le chef permettait à des non-initiés d’accéder à des postes à responsabilités. Bongo père avait même réussi le pari d’unifier la maçonnerie gabonaise masculine en créant, en 1978, le Grand Rite équatorial, reconnu par le Grand Orient de France (GODF) et par la Grande Loge de France (GLDF).

En 2010, Ali Bongo Ondimba n’avait pas aimé de voir diffusées les images de son intronisation.

Le Congolais Denis Sassou Nguesso perpétue aujourd’hui cette politique : il a initié le Centrafricain François Bozizé et se pose en doyen des grands maîtres des loges de l’Afrique francophone. Le président Idriss Déby Itno est le très discret grand maître de la Grande Loge du Tchad. Son homologue camerounais, Paul Biya, qui a souvent été présenté comme un rosicrucien (c’est-à-dire comme un membre de l’ordre de la Rose-Croix, société ésotérique), aurait autrefois été initié à la franc-maçonnerie mais serait en sommeil depuis longtemps. La Grande Loge unie du Cameroun (Gluc), pilotée par le grand maître Denis Bouallo, a son site internet, interface pour la cooptation de nouveaux membres.

Depuis plus de vingt ans, la Grande Loge nationale française (GLNF) mène une large offensive afin de s’implanter dans les cercles du pouvoir africain où ministres et chefs d’État ont déjà été initiés. L’ex-grand maître Jean-Charles Foellner, très souvent en mission en Afrique, et son successeur, l’avocat d’affaires niçois proche de Nicolas Sarkozy, François Stifani, ont été les principaux artisans de cette conquête. Initié dans une loge au Sénégal, c’est devant Foellner que Denis Sassou Nguesso a prêté serment comme grand maître de la Grande Loge du Congo en novembre 2007. Parmi les personnalités présentes, le neveu du président congolais et patron du Conseil national de sécurité (CNS), l’influent Jean-Dominique Okemba. Trois mois plus tard, le Congo accueillait à Pointe-Noire la seizième édition des Rehfram. Représenté par Émile Ouosso, déjà ministre de l’Équipement et des Travaux publics, le président congolais donnait sa vision du franc-maçon : « Un être de progrès qui avance, un être de dépassement, capable de s’affranchir des exigences du milieu, un être de perspectives dont les anticipations peuvent et doivent aller au-delà de la contrainte de sélection. » Aujourd’hui, une bonne partie du gouvernement et de l’appareil sécuritaire du pays est franc-maçon. Et l’opposant Guy-Romain Kinfoussia est le grand maître du Grand Orient du Congo – ce qui n’est pas sans rappeler la guerre qui avait opposé, à la fin des années 1990, Sassou Nguesso et Pascal Lissouba, initié au Grand Orient de Besançon.

Sous Ali Bongo Ondimba, le système maçonnique a été reconduit à Libreville. L’émission Infrarouge diffusée en décembre 2010 sur France 2 a dévoilé les dessous de son intronisation, le fils reprenant le maillet de son père pour officier au grade de grand maître de la Grande Loge du Gabon. Ce 31 octobre 2009, on reconnaît sur la vidéo l’ex-ministre des Affaires étrangères Paul Toungui, son collègue de l’Éducation nationale Séraphin Moundounga, le doyen du Sénat Marcel Sandoungout, le patron du Conseil national de sécurité Léon Paul Ngoulakia, des généraux de l’armée et même plusieurs cadres de l’opposition.

Le chef de l’État gabonais souhaite aujourd’hui placer Jean-Baptiste Bikalou, patron de la Chambre de commerce et d’industrie du Gabon, à la tête de la Grande Loge symbolique du Gabon (GLSG, proche du Grand Orient de France). C’est du moins ce qu’affirme un proche de l’actuel grand maître, Antoine Embinga, par ailleurs débarqué de son poste de commandant en chef de la police en janvier dernier. La cousine germaine du chef de l’État, Nicole Assélé, est, quant à elle, vénérable à la Grande Loge féminine du Gabon. Et Ali Bongo Ondimba n’a plus rien à craindre de l’ex-ministre de l’Intérieur et opposant « éclairé » André Mba Obame, qui s’est mis en sommeil et exilé à Paris.

Lobbying

Pour beaucoup, ce système de gouvernance par cooptation trouve son fondement dans la Françafrique. De Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » de De Gaulle, à Nicolas Sarkozy, en passant par François Mitterrand, la franc-maçonnerie a souvent servi de réseau d’information et de lobbying dans les plus hautes sphères du pouvoir économique et politique. Nombre de ministres de la Coopération (dont Christian Nucci et Jacques Godfrain), des responsables des services de renseignements (comme Marcel Leroy ou Alain Juillet) ou des responsables de l’Agence française de développement (AFD) sont ou ont été francs-maçons.

Des réseaux qui peuvent aussi s’affronter au gré des intérêts politiques ou économiques ou des alternances au pouvoir. Ce qui explique que les querelles soient fréquentes à la tête des loges. Aujourd’hui, de grandes figures comme Denis Sassou Nguesso et Djibrill Bassolé, patron de la Grande Loge du Burkina, sont souvent appelées pour ramener le calme, comme dans le conflit qui a opposé l’avocat Louis Mbanewar Bataka, ancien grand maître de la Grande Loge nationale du Togo (GLNT) peu désireux de passer la main, à Roggy Kossi Paass, l’ex-directeur général chargé du Togo à la Banque internationale pour l’Afrique de l’Ouest (BIAO), qui lui a finalement succédé.

Une certitude : la fascination des dirigeants pour la franc-maçonnerie ne se dément pas. « Mais ce n’est pas un mal africain, plaisante un frère. Dans les années 1970, en France, Giscard d’Estaing voulait lui aussi entrer à la Grande Loge de France (GLDF). Mais il ne souhaitait pas faire son apprentissage : il voulait gravir rapidement tous les échelons. » Du coup, l’affaire a tourné court, et Giscard est resté profane.

source Jeune Afrique

Pascal Airault, envoyé spécial à Libreville.

SEM Ahmed Faouzi : « Le Sahara » Un trait d’union entre l’Afrique du nord et l’Afrique Subsaharienne

Ahmed Faouzi Ambassadeur du royaume du Maroc Photo Balla Kèlèba

Ahmed Faouzi Ambassadeur du royaume du Maroc Photo Balla Kèlèba

Ce Mardi 22 Janvier à 09 H 00 dans la salle Balafon de Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire à Cocody ,s’est tenue la 3ème Édition de la tribune d’échanges « Les Grands Rendez-vous de Fraternité Matin ».  Cette Édition, a eu pour  thème : « Quelles relations entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Subsaharienne après les printemps Arabes ? »  Selon le conférencier Ahmed Faouzi, Ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire,  ces relations ne changeront pas et la coopération sud-Sud doit être renforcée d’avantage.

« Le Sahara ne constitue pas une barrière entre le Nord de l’Afrique et les Pays au Sud du Sahara. Le Sahara est plutôt un trait d’union entre ces deux parties de ce Continent. Après les printemps Arabes, les relations entre nos Pays  ne changeront  pas. Les étroites relations déjà existantes doivent êtres renforcées d’avantage. ». Tels sont les propos tenus par son Excellence Ahmed Faouzi Ambassadeur du Royaume du Maroc. Aussi, a t-il soutenu  que le royaume du Maroc a toujours eu des relations étroites avec les pays subsahariens dans le domaine financier en implantant  trois banques que sont : Bank of Africa, Atlantique  Banque et la SIB. Sur le plan éducatif, il a fait savoir que son Pays offre 100 bources d’études par an à la Côte d’Ivoire, et cela depuis 20 ans. S.E.M Ahmed  Faouzi a également ajouté que 10 000 étudiants africains sont inscrits dans les Universités, Grandes écoles et Institutions de formation du Maroc.

A la question de savoir si le monde maghrébin se sent plus du Moyen Orient que l’Afrique, le diplomate marocain s’explique par ces propos du Roi Hassan II « Le Maroc  est un arbre dont les racines sont en Afrique et les feuilles en Europe. L’Espagne est à 12 km du Maroc. Quand on coupe les feuilles d’un arbre, d’autres feuilles repoussent ; mais quand on déracine l’arbre, il meurt. Donc Le Maroc comme tous les autres Pays du Maghreb se sentent plus en Afrique. ».

Son Excellence Ahmed Faouzi avait à ses côtés le chargé des affaires étrangères de l’Ambassade de la Tunisie Raffi Hajji et ses homologues de la Libye et du Gabon. Toutes ces personnalités souhaitent que la coopération  sud-sud soit renforcée d’avantage.

Le Directeur général du groupe Fraternité Matin Vénance Konan à par ailleurs invité le public à prendre par à la prochaine Édition qui est prévue pour le mois de février. Pour cette 4ème Édition, le thème retenu est : « CEDEAO un an de présidence de son excellence Alassane Ouattara : Bilan et Perspectives. ».

Dagnogo Balla