Akwaba Blé Goudé

Le Général de la route

Le Général de la route

Akwaba Blé Goudé! Depuis ce vendredi 18 janvier, tu ne pourras plus prétendre que tu es en exil forcé. Sans doute, diras-tu maintenant que tu as été forcé de rentrer d’exil, ce qui est quand même une bonne chose puisque notre loi fondamentale, la sacro-sainte constitution qui fut naguère le fétiche par lequel toi et les tiens juraient, proclame qu’aucun citoyen ivoirien ne peut être contraint à l’exil. Bienvenu donc dans ton pays, cher général quatre étoiles! Après tout, il y a moins de deux ans, tu étais plus puissant dans ce pays que ton collègue, le général Mangou, car tu étais le plus ancien dans le grade le plus élevé.

Je me réjouis de ce que le pouvoir Ouattara t’ait amené à respecter la clause constitutionnelle qui interdit l’exil forcé aux citoyens bon teint comme toi. Maintenant que tu as enfin cessé de violer notre constitution, je me réjouis de ce qu’enfin tu pourras répondre de tes actes et de tes propos violents qui furent à la base du séisme qui ébranla les fondements de notre pays entre 2004 et 2011. Tu ne peux t’inquiéter pour ta défense, car déjà, d’éminents avocats israéliens, français et africains se bousculent pour s’en acquitter. Il paraît que tu es sans doute ton meilleur avocat, tant tu serais un tribun hors norme, un vrai Cicéron, m’a-t-on fait accroire
Certes, la tâche sera ardue, j’en conviens, car tu étais non seulement prolixe, mais tu as commis l’imprudence de te faire suivre partout par la RTI de Georges Aboké puis de Brou Amessan. Ces deux larrons ont beaucoup documenté tes forfaits. Leurs innombrables vidéos à elles seules suffiraient à te noyer, tant elles constituent de pièces à conviction dont le poids ne peut être ébranlé par quelque farouche dénégation que ce soit, ni par aucune littérature prononcée par tes avocats pour subjuguer tes juges. En les revisitant, on te reverra essaimant les graines de ta haine, de ta xénophobie, et de ton tribalisme primaire. On te verra appeler à l’affrontement interethnique, au meurtre de tout homme blanc, français en priorité, ainsi qu’au meurtre de présumés assaillants et autres rebelles. On te verra encore en train de galvaniser des foules gigantesques façon Adolf Hitler, leur demandant haineusement d’en découdre avec les Burkinabès, ces juifs nouveaux qui nous auraient envahis et qui nous feraient la guerre chez nous! On te reverra aiguiser les lames de la haine des cohortes à Yopougon ou au Plateau, exigeant que ces bêtes humaines écumassent leurs quartiers, en extirpassent les félons étrangers, dioulas, baoulés, bref, tous les félons du RHDP et leur fissent subir les rigueurs enflammées de l’article 125 de ta loi fondamentale.

Grâce à youtube, on reverra tes petits, ces hydres hideuses, exécutant tes ordonnances à grande échelle; on les verra barricader leurs quartiers respectifs dans tout Yopougon; on les verra molester d’honnêtes citoyens qui n’avaient commis d’autre tort que de ne pouvoir pas s’exprimer en bété; on les verra asperger d’essence ces victimes expiatoires d’un holocauste suspect et les enflammer en pleine rue. Jamais la modique somme de 125 f.cfa n’a fait autant de mal à un peuple! Une boîte d’allumettes à 25 francs et du kérosène pour 100 francs, et un père de famille est arraché à l’affection d’une épouse ainsi qu’à celle d’enfants tout jeunes. Ces autodafés publics te condamneront sans que le meilleur avocat au monde ne puisse te dédouaner. Ces scènes infernales se déroulaient devant tes meutes surexcitées, et devant des policiers de la république dont tu étais le numéro deux, juste derrière M. Gbagbo lui-même; ces policiers armés de kalachnikovs et qui laissaient faire; qui laissaient brûler leurs concitoyens de peur de désobéir à tes consignes de général quatre étoiles. Et on attisait le feu, ah le feu, le feu dont les flammes montaient haut dans le ciel, et cette flamme qui jaillissait des pneus usés; et cette fumée qui, à elle seule, suffirait à tuer un homme valide par suffocation; et ces sangsues qui empêchaient les pauvres diables de sortir de ce feu infernal; ces vampires qui reprenaient les moribonds qui serpentaient pour se dégager des flammes et qui les jetaient au beau milieu du brasier; et ces impitoyables soldats de la galaxie patriotique qui accumulaient des pneus usés sur eux, ou du bois sec, afin qu’ils rôtissent convenablement, et les coups de bâtons qui tombaient sur la tête des victimes qui tentaient, dans un dernier effort surhumain de conservation de la vie, d’échapper à cet enfer du brasier. Tes avocats ont vraiment du pain sur la planche et je ne les envie pas du tout. Ce serait trop de littérature que d’essayer seulement de te défendre!

source lebanco.net

Dr Famahan SAMAKÉ.

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