Opération Serval:Des Rafales basés en France engagés dans les raids au Mali:

Selon l’Elysée, l’armée française affronte des groupes « bien armés et bien entraînés ». De multiples frappes aériennes sont opérées par la France. Les jihadistes seraient en fuite au nord.

Des avions de guerre français

Des avions de guerre français

L’armée française a mené dimanche des raids aériens pour le troisième jour consécutif contre les groupes armés islamistes au Mali, après avoir arrêté leur avance dans le centre du pays, en appui aux forces terrestres maliennes, au cours de combats ayant fait des dizaines de morts, dont un chef islamiste selon une source de sécurité.

Sur le terrain, sont déployés plusieurs centaines de militaires venus de France ou de forces prépositionnées en Afrique , appuyés par des avions de combat, de ravitaillement ou de surveillance aérienne. Le nombre d’avions de combat basé à N’Djamena dans le cadre du détachement Epervier a été porté à huit : deux Mirage F1CR et six Mirage 2000D. Trois avions ravitailleurs C135 sont également mobilisés, en plus des appareils de transport. Des Rafales mis en état d’alerte peuvent intervenir directement depuis la France. Quatre Rafale d’entre eux ont d’ailleurs conduit des frappes aériennes près de Gao. Des hélicoptères de combat, notamment des Gazelle équipés de missiles Hot et de canon de 20 mm, ont également été engagés dans la région de Konna.

Dotée de ces moyens tactiques, la France a poursuivi dimanche les bombardements commencés jeudi de colonnes de pick-up armés des islamistes, a déclaré dimanche matin le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. « Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain », a-t-il indiqué sur la chaîne I-télé. Alors que le président François Hollande estimait la veille que l’intervention française avait permis de porter un « coup d’arrêt » aux islamistes, le ministre de la Défense s’est montré prudent dimanche, soulignant que leur avancée n’est pas « totalement empêchée ».

Des avions français ont bombardé des cibles dans plusieurs localités du nord du Mali, en dehors de la zone de Konna où se situe le principal affrontement entre groupes armés islamistes et forces maliennes, a-t-on appris dimanche de sources concordantes. Un camp de combattants jihadistes a notamment été visé à Léré, à quelque 150 km au nord de Konna, et proche de la Mauritanie, selon des témoins. Des frappes ont aussi visé des cibles sous contrôle des islamistes, ‘non loin de Douentza’ (800 km au nord de Bamako) et de Nampala’ (nord-ouest), selon une source de sécurité régionale.

Des bases jihadistes ont également été détruites par des frappes aériennes dans leur fief de Gao (nord) et les combattants islamistes ont évacué la ville, ont indiqué dimanche des habitants de cette ville du nord du Mali et une source de sécurité régionale. « Il y a eu une dizaine de frappes, dans Gao et près de Gao. Toutes les bases des islamistes ont été détruites », a déclaré un habitant contacté par téléphone. Une source sécuritaire régionale a confirmé que « les principales bases » des islamistes, à Gao et dans sa périphérie, ont été « mises hors d’usage » par les raids français.

Les combats autour de la localité de Konna (centre), à 700 km de Bamako, et que des combattants islamistes avaient d’abord pris jeudi, ont fait 11 morts et une soixantaine de blessés dans les rangs de l’armée malienne, selon une déclaration du président malien Dioncounda Traoré. Un officier français, pilote d’hélicoptère, a aussi été tué. Aucun bilan n’est communiqué pour les victimes jihadistes, mais l’armée malienne évoque une centaine d’islamistes tués à Konna. Des unités françaises ont aussi été déployées à Bamako pour y assurer la sécurité des quelque 6.000 ressortissants français.

Des groupes « bien équipés »

Les forces militaires françaises au Mali affrontent des groupes islamistes « bien équipés, bien armés et bien entraînés », dotés « d’un matériel moderne, sophistiqué », a souligné par ailleurs l’entourage du chef de l’Etat à l’Elysée. « Ce qui nous a beaucoup frappés, c’est la modernité de leur équipement, leur entraînement et leur capacité à s’en servir », a affirmé l’Elysée. Ces groupes armés ont « montré comment ils pouvaient endommager un hélicoptère et blesser mortellement son pilote », a-t-on souligné.

« A l’origine, on pouvait penser qu’il s’agissait de quelques soudards à bord de Toyota avec quelques armes, ils se révèlent en réalité bien équipés, bien armés et bien entraînés », ajoute-t-on de même source, notant que les groupes islamistes « ont récupéré en Libye un matériel moderne sophistiqué, beaucoup plus robuste et efficace que ce qu’on pouvait imaginer ».

Sommet extraordinaire de la Cédéao

Le sommet extraordinaire d’Abidjan « sera uniquement consacré au Mali », a déclaré Sunny Ugoh, porte-parole de la Cédéao. Les chefs d’état-major de la région doivent aussi se réunir dans les prochains jours, a ajouté le porte-parole sans autres précisions. Depuis plusieurs mois, l’Afrique de l’Ouest a proposé l’envoi de cette force armée de plus de 3.300 hommes, qui aura un soutien logistique de pays occidentaux comme la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Face à l’urgence, le Burkina Faso, le Niger et le Sénégal ont annoncé le déploiement chacun d’un bataillon de 500 hommes. Le Nigeria, principale puissance militaire de la Cédéao, devrait dépêcher 600 hommes au Mali, soit le contingent africain le plus important. D’autres pays ont indiqué vouloir apporter leur contribution.

« C’est la reconquête du nord Mali qui vient de commencer », a assuré le ministre ivoirien l’intégration africaine, Ally Coulibaly. Cette vaste région désertique est jusqu’ici un sanctuaire pour les groupes islamistes, notamment Aqmi qui détient huit otages français. A la suite de ses pairs ouest-africains et de l’Union africaine, M. Traoré a remercié François Hollande pour avoir lancé l’opération baptisée « Serval ».

De son côté, l’influent capitaine Amadou Sanogo, chef des putschistes de mars 2012, jusqu’ici réticent à toute intervention étrangère, a estimé samedi que la France avait joué « un rôle capital » aux côtés de l’armée malienne. Acteur clé et plutôt hostile à une intervention militaire étrangère –en particulier française–, l’Algérie a exprimé son soutien « sans équivoque » aux autorités de transition maliennes, condamnant fermement « les attaques des groupes terroristes ».

Haut responsable tué

Un haut responsable du groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l’Islam), Abdel Krim dit « Kojak », a été tué dans les combats ces derniers jours au Mali entre l’armée, appuyée par des troupes françaises, et les jihadistes, a-t-on par ailleurs appris dimanche de source sécuritaire régionale. « Les combattants islamistes ont subi un véritable revers avec la mort d’Abdel Krim dit +Kojak+ », a affirmé cette source sécuritaire régionale. Selon elle, ce lieutenant du chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, a été tué dans les combats qui ont opposé vendredi et samedi l’armée malienne et ses alliés français aux jihadistes à Konna, dans le centre du Mali.

Ces combats ont fait 11 morts et une soixantaine de blessés dans les rang de l’armée malienne, selon le président malien Dioncounda Traoré. Un officier français, pilote d’hélicoptère, a aussi été tué. Aucun bilan n’a été communiqué pour le camp des jihadistes, mais l’armée malienne a évoqué une centaine d’islamistes tués à Konna.

Ansar Dine est l’un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali depuis juin, avec les jihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Tous prônent l’application de la charia, au nom de laquelle ils commettent de nombreuses exactions. Ansar Dine est surtout composé de Touareg maliens, comme son chef Iyad Ag Ghaly et Abdel Krim, membre de la tribu des Iforas (nord-est du Mali), âgé d’une quarantaine d’années.

Abdel Krim avait rejoint Ansar Dine après avoir été le numéro deux du groupe du chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga, en lutte contre les autorités de Bamako, mort en août 2011 dans des circonstances non élucidées dans un accident dans le nord-est du Mali.

Source maliweb

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