POLITIQUE : L`ex PM de Gbagbo, Aké N`gbo supplie le gouvernement ivoirien à élargir la liberté à tous les détenus en cette fin d` année

 Abidjan (Côte d’Ivoire) – L’ex Premier ministre de Laurent Gbagbo pendant la crise post électorale, le Pr Aké N’gbo au nombre des détenus pro-Gbagbo mis en liberté provisoire jeudi par le chef de l’Etat ivoirien, a ‘’supplié’’, le gouvernement à élargir cette liberté, à tous ceux qui sont encore ‘’privés de leur liberté surtout en cette fin d’année’’.

S`exprimant au nom de ses camarades, samedi à son arrivée à Abidjan, le Pr Aké N`gbo a remercié les autorités ivoiriennes, notamment le président Alassane Ouattara pour leur avoir accordé la liberté provisoire.

‘`Aujourd`hui est un jour particulier. J`aimerais profiter de cette occasion pour dire merci à tous ceux qui ont participé à notre libération notamment le président Alassane Ouattara, tout le gouvernement en particulier le ministre d`Etat Ahmed Bakayoko et celui de la justice« , a-t-il déclaré.

‘`Je voudrais remercier la direction des partis politiques en Côte d`Ivoire. Je voudrais faire un clin d`œil à tous ces amis qui ont contribué à travers leur prière à notre libération«  a poursuivi le Pr Aké N`gbo.

Le président de Cap Unir pour la démocratie et le développement (CAP-UDD), Gervais Coulibaly, par ailleurs ex porte parole de Laurent Gbagbo a exprimé la disponibilité des autres partisans de l`ancien Chef de l`Etat qui jouissent encore de leur liberté d`aller et de venir, à poursuivre les négociations avec le gouvernement en vue d`obtenir la libération des autres détenus.

‘`Nous continuons de négocier avec le gouvernement pour la libération des autres. Nous donnons l`assurance au gouvernement qu`à chaque fois qu`il aura besoin d`eux, ils seront là«  a-t-il déclaré.

Aké N`gbo et ses camarades ont été accueillis dans un grand hôtel de Cocody, le quartier des ambassadeurs.
Sur les huit libérés, seulement quatre d`entre eux sont arrivée à l`hôtel Ivoire en provenance du Nord où ils étaient incarcérés depuis la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011.

Le Pr Aké N`Gbo ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo, l`ex ministre de l`économie et des finances de Laurent Gbagbo pendant la crise post électorale, Désiré Dallo, le syndicaliste Mahan Gahé et Gnahoua Zibrabi sont les quatre personnes arrivées à Abidjan.

Les quatre autres, à savoir le chef milicien du grand ouest Maho Glofiéhi, l`ex ministre de la santé de la lutte contre le SIDA Christine Adjobi, le Commandant Doua Kouassi et l`ancien ministre de la fonction publique Jean Jacques Béchio, explique-t-on, sont déjà sur place à Abidjan, dans la capitale économique ivoirienne.

Ils étaient incarcérés pour certains à la Maison d`arrêt et de correction d`Abidjan (MACA) et pour d`autres dans des cliniques en train de suivre des soins.

Plusieurs proches de Laurent Gbagbo ont été mis aux arrêts aux lendemains de son arrestation le 11 avril 2011, face à son refus de céder le pouvoir à son challenger Alassane Ouattara, vainqueur de la présidentielle du 28 novembre 2010.

Laurent Gbagbo est lui-même détenu à la Haye où la Cour pénale internationale entend organiser le 19 février prochain l`audience de confirmation des charges contre lui. Il est soupçonné de crime contre l`humanité de façon indirecte.

Simone Ehivet Gbagbo à Odienné dans le Nord Ouest, Pascal Affi N`guessan et Michel Gbagbo à Bouna dans le Nord Est et d`autres cadres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de M. Gbagbo, restent pour l`instant en prison.

Le président Alassane Ouattara avait annoncé fin novembre lors de sa tournée dans l`Est de la Côte d`Ivoire des mesures pour le bon déroulement de la réconciliation en Côte d`Ivoire.

Cette mise en liberté provisoire intervient au moment un tribunal ghanéen a reporté au 17 janvier prochain, l`examen de la demande d`extradition de Justin Koné Katinan, le porte parole en exil de l`ex président ivoirien, Laurent Gbagbo.

M. Koné Katinan était pendant la crise post électorale, le ministre du budget de Laurent Gbagbo. Il est recherché par les nouvelles autorités ivoiriennes pour crimes économiques. 

Daniel Kablan Duncan à Ayamé : « Frères et soeurs exilés, le pays vous appelle »

Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a lancé, le samedi 22 décembre dernier, à Ayamé (Sud-Est de la Côte d’Ivoire), un appel aux exilés politiques, à l’occasion d’une journée d’hommage au Président Alassane Ouattara, suite à l’élection de Louis Blaise Aka Brou, maire d’Ayamé, au poste de Secrétaire Exécutif de la Conférence des Postes des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CPEAO). 
« Je voudrais donc saisir l’occasion de ma présence parmi vous, ici dans le Djandji, à Ayamé, cette ville située non loin de la frontière avec le pays frère du Ghana, pour lancer un appel à nos frères qui sont sortis du pays, après la crise que nous avons tous connue. Frères et soeurs, le pays vous appelle, le pays vous attend », a déclaré le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, devant une foule nombreuse, dans l’enceinte de l’hôtel de ville duncanArticle publié le: 23 Décembre 2012 – Auteur: Primature – Source: Primature

En présence de M. Hamed Bakayoko, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et de M. Kobanan Kouassi Adjoumani, ministre des Ressources animales et halieutiques ; le Premier ministre a lancé une fois de plus un appel à la réconciliation. « L’année 2013 qui commence dans dix petits jours, a-t-il souligné, doit être, et sera l’année de la réconciliation, des retrouvailles et de l’union, pour le développement de notre pays. Ainsi donc, à la suite de Monsieur le Président de la République, qui fait de la recherche de l’apaisement social, de la réconciliation et de la paix, l’un des axes majeurs de son action de développement, je vous exhorte à rentrer afin de prendre votre place dans l’effort de développement de notre pays, et partant de la ville d’Ayamé ».
M. Duncan a ajouté : « Au cour du peuple du Djandji, je voudrais, à l’orée de la nouvelle année, en appeler à la cohésion sociale et à la paix. Joyeux Noël à toutes et à tous. Que 2013 soit l’année de la réconciliation totale des Ivoiriens pour que vive la Côte d’Ivoire prospère, respectable et respectée dans le monde entier ! ». 
Dans son discours d’Ayamé, le chef du gouvernement a surtout insisté sur la promotion des valeurs, des compétences et de l’excellence. « Je voudrais réaffirmer que la Côte d’Ivoire des valeurs, la Côte d’Ivoire de l’excellence, est de retour sous le Président Alassane Ouattara. Plus rien ne doit nous ramener en arrière », a-t-il fait savoir. 
Daniel Kablan Duncan a révélé que « c’est dans ce cadre » que le Président Alassane Ouattara « a réinstauré les  »Prix d’excellence » pour honorer les meilleurs d’entre nous, dans tous les secteurs clés d’activité à la veille de la fête nationale. La prochaine édition est prévue le 6 août 2013 ».

source lebanco.net

SOCIÉTÉ : Les lumières de Noël à Abidjan rappellent les heures sanglantes de la crise

Abidjan ABIDJAN – Elles sont sept. Sept grandes silhouettes de métal soudain éclairées pour le coup d`envoi des illuminations de Noël à Abidjan. Sept comme les sept femmes tuées à ce rond-point du quartier d`Abobo, victimes et symboles de la sanglante crise ivoirienne de 2010-2011.

Plusieurs centaines de personnes s`étaient réunies vendredi soir à l`entrée de ce quartier très populaire, fief du président Alassane Ouattara et l`un des épicentres de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts dans le pays.

Disposées sur un haut podium, les sept silhouettes à l`armature métallique font plus de deux mètres chacune. L`une est à terre, deux sont accroupies et quatre debout, parmi lesquelles l`une se tient la tête des deux mains, en signe de stupeur ou d`horreur.

A ce rond-point baptisé « Anador » étaient tombées le 3 mars 2011 sept femmes qui participaient à une manifestation réclamant le départ du président Laurent Gbagbo, qui refusait de céder le pouvoir. Sept femmes tombées sous les balles de l`armée, ont aussitôt rapporté les témoins et l`ONU, même si le camp Gbagbo le niera toujours face à l`indignation internationale, et criera à la manipulation.

Mais vendredi soir les visages s`éclairent subitement, les applaudissements fusent, les cris de joie: le Premier ministre Daniel Kablan Duncan et le maire d`Abobo, Adama Toungara, par ailleurs ministre de l`Energie, viennent de mettre en marche les illuminations.

« Abobo-la-guerre »

Les nombreuses petites lampes à lueur bleutée fixées à l`armature des sept femmes de métal s`éclairent. De l`autre côté de la rue, une grande colombe flamboie aussi. Comme brille le message de bienvenue « Abobo, ville de solidarité et de générosité », qui semble vouloir effacer le tenace surnom « Abobo-la-guerre ».

« Abobo qui a tant souffert, Abobo qui a tant pleuré, Abobo qui a tant perdu, Abobo brille et renaît », s`enflamme le maire.

Mais pour les passants, les nombreuses femmes et les nuées d`enfants, l`heure est moins au souvenir qu`à la joie. Le spectacle est inédit dans ce quartier délaissé depuis des années par les autorités, et d`où partit durant la crise une guérilla dénommée « commando invisible », qui fit subir au régime Gbagbo ses premiers revers avant la chute finale.

« C`est beau à voir », s`enchante Drissa, qui revient en tenue de sport de son collège, accompagné d`amis. « Ca me rappelle Paris, la France », souffle une jeune fille, Ténin.

On prend des photos avec les téléphones portables, on admire les guirlandes ou les fleurs lumineuses qui doivent briller tous les soirs pendant un mois, comme dans d`autres quartiers de la capitale économique où les illuminations sont inaugurées ce week-end.

« Dieu a permis que cette année on puisse sortir pour vivre ce beau moment », sourit Salimata Camara. Mais il en faut plus, pour cette mère de famille: « on demande au gouvernement de tout faire pour que la paix soit toujours là et de nous aider, car la vie est dure ».
« Dure », la vie? Chômage massif des jeunes, cherté de la vie, insalubrité: Abobo concentre les difficultés vécues par nombre d`habitants à Abidjan, qui tardent à sentir les retombées de la relance économique. Et le quartier, repaire d`ex-combattants en déshérence, demeure dangereux. En octobre, une opération d`assainissement a tourné à la bataille rangée entre jeunes en armes et forces de l`ordre.

Quant à la paix, elle dépend largement d`une réconciliation entre le pouvoir et le camp Gbagbo, chantée par tous mais toujours bloquée. Les victimes des deux bords réclament justice. Cependant des hiérarques du parti de l`ex-président viennent d`être reçus par le chef de l`Etat sénégalais Macky Sall, intronisé médiateur: un miracle de Noël viendra-t-il de Dakar?

source (AFP)