Le ministre Lazare Koffi Koffi depuis Accra: « Gbagbo reviendra bientôt »

Après un long moment d’observation, le ministre Koffi Koffi Lazare décide de rompre le silence depuis son exil. L’homme n’a pas la langue de bois. Il parle de tout : La libération de Gbagbo, la situation des exilés, l’affaire Koné Katinan, la dictature en place à Abidjan, la collusion Ouattara-Bédié-Soro, les ex-rebelles frustrés, les attaques du commando invisible, les accusations contre le Ghana . Il dit ses vérités, sans état d’âme. Lisez plutôt.
Ca fait longtemps qu’on ne vous a pas entendu.
C’est exact. C’est tout simplement parce qu’une opportunité ne s’est pas offerte à moi. Et puis, il ne faut pas parler pour parler. Un homme politique, ou tout leader d’opinion doit parler en temps utile et juste. Dans les circonstances actuelles de crise que traverse notre pays, il faut savoir prendre son temps pour écouter les complaintes et les cris de douleur de notre peuple et savoir partager ses souffrances. Il faut prendre son temps pour suivre la marche du pays, observer dans quelle direction vont les choses, analyser et peser les décisions prises. Lorsqu’on doit intervenir, c’est pour soulager, panser les blessures du cour, rassurer, et surtout encourager les cours meurtris et tous ceux qui ont perdu espoir et les remplir d’espérance. Notre peuple ne doit pas se sentir abandonné. Il faut savoir partager son quotidien et lui dire chaque jour que le temps vient où nos pleurs vont se transformer en joie.

Comment vous sentez-vous après la libération sous caution du porte-parole du président Laurent Gbagbo, le ministre Koné Katinan ?
Nous sommes soulagés. Nous avons vécu des mois de stress avec notre frère et camarade Koné Katinan retenu d’abord à la Bni (la Dst ghanéenne), puis dans les locaux d’Interpol Ghana. Lui en détention, c’était tous les réfugiés que nous sommes, qui étaient en détention. En le libérant même sous caution, c’est nous tous qui nous sentons libérés. Et nous avons salué sa libération par un accueil chaleureux, lorsqu’il a regagné son domicile, une première fois, le mercredi 26 septembre et une seconde fois, le 24 octobre dernier. Nous connaissions déjà Katinan, mais cette détention nous a permis de redécouvrir l’homme. Nous avons pu apprécier en lui, la qualité d’un homme fort, serein, confiant, conscient des responsabilités qui sont les siennes dans la mission de restauration de notre pays selon le mandat à lui confié par le Président Gbagbo. Nous avons (re) découvert un leader pourvu d’idéal, un homme de foi qui n’a jamais douté de la justice ghanéenne. Katinan était jusque-là, méconnu de la majorité des Ivoiriens. Mais la haine implacable de Ouattara contre lui est en train de mobiliser autour de lui tous nos compatriotes épris de justice. En l’espace de quelques mois, Katinan a engrangé de nombreuses sympathies. Aujourd’hui, avec son emprisonnement et sa libération vue comme un sacrifice pour la cause ivoirienne, Ouattara a réussi à faire de lui un nouveau leader vers qui les regards se tournent désormais, un nouvel acteur politique porteur désormais de toute l’espérance de la Côte d’Ivoire. Et nous nous en réjouissons.

N’avez-vous pas craint un moment son extradition ?
Comme Katinan, nous sommes nombreux parmi les réfugiés du Ghana à n’avoir jamais mis en doute le respect sacré que les autorités politiques et judiciaires de ce pays frère vouent à leurs lois et aux conventions internationales en matière de protection des réfugiés. Le Ghana est un pays de droit, un pays, on le sait, où l’on ne transige pas sur les questions des droits humains. Et puis il ya l’histoire. Non seulement depuis 1958, un an après son indépendance, ce pays est reconnu comme terre traditionnelle d’accueil des Africains combattants de la liberté poursuivis par les Etats au service du capitalisme international, mais ils sont nombreux, les acteurs politiques actuels qui ont connu dans leur parcours, les durs moments de l’exil. Pour toutes ces raisons, même si l’on dit que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts, nous restons confiants quant à l’issue finale de la procédure judiciaire engagée depuis août contre notre camarade. Nous avons confiance. Le Ghana dira souverainement le droit. Nous faisons confiance aux autorités.
Vous ne vous sentez donc pas menacés au Ghana ?
Pour dire vrai, non. Nous nous sentons vraiment en sécurité ici. Le pays nous a accordé l’exil. Nous bénéficions depuis plusieurs mois du statut de réfugié politique. Les autorités ont fait ce qu’elles avaient à faire. Notre effort à nous, c’est d’être reconnaissant en respectant les lois du pays protecteur ainsi que le peuple du Ghana qui nous regarde en « frères ». Cependant, ce qui est inquiétant, ce sont plutôt les gesticulations d’Abidjan. Tous les faits et gestes des nouvelles autorités relayés par la presse qui leur est proche au quotidien donnent à penser qu’Abidjan veut entrer en conflit diplomatique, et s’il le faut en conflit armé, contre Accra pour une affaire de « réfugiés ». Cela n’est pas dans la culture africaine. Parce que le Ghana a accordé l’asile politique à « des frères ivoiriens », on fait croire à l’opinion que ce pays veut déstabiliser la Côte d’Ivoire. Aussi, dès qu’il ya une escarmouche quelque part, on indexe le Ghana. Pourquoi ?
Selon vous, qu’est-ce qui peut expliquer cette propension d’Abidjan à indexer le Ghana comme pays déstabilisateur ?
Je vois deux raisons. En premier lieu, Ouattara se rend compte qu’il ne peut pas réaliser ses promesses de campagne. Il n’a ni les moyens ni les capacités d’un leader à conduire ce pays phare qu’est la Côte d’Ivoire dans la sous-région. Il sait que les Ivoiriens l’attendent sur ce terrain-là. Mais ces amis à l’international trop pressés et exigeants le pressent pour des résultats probants. En indexant le Ghana comme pays déstabilisateur, il entendait détourner l’attention. Et de manière maladroite, au mépris de toutes les règles de bienséance diplomatique et de respect des coutumes de bon voisinage, il est parti jusqu’ à fermer unilatéralement les frontières avec le Ghana mettant en péril les conventions de libre circulation des biens et des personnes de la Cedeao. Mais le Ghana et les autres pays de la Cedeao, par sagesse, n’avaient pas réagi. Ensuite, en accusant le Ghana, il espérait obtenir notre extradition comme ça été le cas au Togo. Mais là aussi, le pays Kwamé Nkrumah est resté serein, très serein.

Mais à Abidjan, on vous présente comme les ennemis de la République et le ministre Hamed Bakayoko disait récemment que c’est parce que vous avez peur du succès de Ouattara que vous voulez l’empêcher de travailler.
J’ai lu cela et cela m’a fait sourire. Tout le monde sait en Côte d’Ivoire que les poses de première pierre ne font pas le développement. D’autre part, contrairement à ce qu’il veut faire croire, ce n’est pas au Front populaire ivoirien qu’il faut chercher les ennemis à Ouattara. Les vrais ennemis de ce dernier sont avec lui. Ils sont autour de lui, ils dorment avec lui et ils attendent leur heure.
Comment ça ? Qui sont-ils donc ?
On a souvent accusé à tort le Fpi et ses alliés comme responsables de toutes les escarmouches et tentatives de déstabilisation du régime de Ouattara ces derniers mois. On fait croire que ce sont eux, parce qu’ils auraient des raisons évidentes de le faire, frustrés qu’ils sont pour avoir été injustement chassés du pouvoir par la coalition armée France-Etats -Unis- Onu. Or, il n’en est rien. Le Fpi, très attaché à sa ligne de conquête du pouvoir pacifiquement par les urnes et non par les armes ne peut ni être à la source des attaques, ni inspirer toutes les violences observées ces derniers mois. La vérité est ailleurs. Au-delà du Fpi qu’on indexe après chaque attaque, il y a au moins six (6) groupes ou cercles d’individus dans la sphère du pouvoir actuel qu’on peut présenter comme des ennemis farouches à Ouattara.

Lesquels ?
Il s’agit des éléments Frci mécontents face aux promesses non tenues de Ouattara. Tous ces jeunes gens qu’on a recrutés partout pour en faire de chairs à canon devenus des supplétifs de l’armée actuelle broient du noir. Ils ont abandonné leurs familles et leurs activités sous des promesses exorbitantes pour suivre et aider Ouattara à prendre le pouvoir par les armes. Ils ont risqué leurs vies et ils sont laissés pour compte aujourd’hui. On cherche même à les livrer à la vindicte populaire. Conséquence : ils vivent au quotidien révoltés. Ils en veulent terriblement à Ouattara. Et rien n’est fait pour les rassurer et les apaisés. Ils sont devenus comme des chiens enragés sans maître errant dans les rues. Ils constituent aujourd’hui, une poudrière ambulante. Il y a aussi la communauté wê. On n’en parle pas. Chassés brutalement de leur région natale et dépossédés de leurs biens, les membres de cette communauté qui sont encore en vie qui pour la plupart n’ont plus ni famille, ni terre, ne jurent que de se venger. Ils en veulent aussi à Ouattara qui a permis aux Burkinabé de les exproprier dans le sang de leurs terres pour le bonheur des chocolatiers du monde. Aujourd’hui, il n’y a personne pour dénoncer le génocide wè planifié qui se déroule sous nos yeux. Le cacao imbibé du sang wè ne gène personne. Que voulez-vous que les Wè survivants fassent ? Ils ne peuvent que rêver faire chuter Ouattara. De toute façon, ce sont des « morts-vivants ». Faire tomber l’actuel locataire de la présidence est devenu pour eux, une obsession. Il suffit de suivre les escarmouches de l’ouest pour s’en convaincre. Et la récente rencontre que Ouattara a eu avec ce peuple blessé dans l’âme ne changera rien car un peuple blessé devient blessant. Il faut noter également ce qui reste des partisans d’Ibrahim Coulibaly alias IB. On se souvient que ce dernier a été un des bras forts qui ont permis à Ouattara de réaliser son rêve. Mais il a été payé dans le sang. Lâchement. Ses partisans encore en vie et ses frères de Séguéla ruminent leur colère et leur vengeance contre Ouattara. De temps en temps, ils donnent de la voix dans la presse. Ils veulent la tête de Ouattara. Ils ne s’en cachent pas. Ils constituent une menace sérieuse pour la stabilité du régime de Ouattara. Et ce dernier ne le sait que trop bien. Ils sont un cauchemar pour lui car prêts comme des kamikazes à frapper à tout moment et en tous lieux.
Mais on pensait que le groupe d’Ib s’était désagrégé ?
C’est une erreur de le croire. Ce groupe tient bien. Et des Frci l’ont rallié. Il est à Abobo et à des antennes partout : Adjamé, Williamsville, Treichville, une partie de Yopougon. Il a même infiltré le palais présidentiel. Il constitue une vraie menace intérieure, déterminé qu’il est à en découdre avec Ouattara. Et les petites grèves dans le transport urbain comme les récentes échauffourées d’Abobo sont de leur fait.
Vous avez dit six groupes. Vous en avez cité trois. Il reste encore trois.

C’est ici que je vais peut-être surprendre. Parce que le commun n’y pense pas. On fait tout pour détourner l’attention de l’opinion sur leur agissement dans l’ombre. Par stratégie ? Peut-être. Par prudence ? Sûrement. Le premier d’entre eux, le plus pernicieux, j’allais dire le plus nocif est le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko. Eh oui ?! Qui l’eût pensé ? Il joue au plus fidèle des partisans de Ouattara, mais il attend patiemment dans l’antichambre de ce dernier pour lui ravir le pouvoir en temps voulu. Informé que son « patron » est de santé fragile, que ce dernier à tout moment peut quitter le monde des vivants même pour cause de stress fréquents et prolongés, il a été depuis longtemps mis sur orbite par la France de Sarkozy pour se préparer à s’emparer du pouvoir au cas où.C’est ce qui explique pourquoi lors des séjours prolongés de Ouattara à l’extérieur, c’est lui qui assume à la fois les charges de Premier Ministre, de Ministre des Affaires Etrangères, de Ministre de la Défense et de Ministre de l’Intérieur. Quand il ya une attaque dans le pays, c’est lui qu’on trouve au front. Et le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi ne fait que faire office de chargé de communication ou de porte-parole. Hambak comme on le surnomme est le vrai ministre de la Défense. Je crois savoir que certaines attaques sont de son fait, pour exacerber le stress de Ouattara et le voir succomber. Hambak est le « Brutus » de Ouattara. Il attend de prendre le pouvoir et les dernières nominations de ses amis en qualité de Préfets de Région a pour but au plan militaire de contrôler le pays et rien d’autre à ses propres fins.
Qui sont les autres ?
Le plus intéressé dans l’entourage de Ouattara à assumer actuellement les charges de chef d’Etat est le jeune très ambitieux, le chef de l’ex-Mpci, le très-va-t-en guerre président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Il a troqué ses habits de Premier Ministre et de Ministre de la Défense pour parvenir à 40 ans à la tête de notre Assemblée pour parvenir directement au pouvoir par voie constitutionnelle en cas de vacance subite du pouvoir. C’est pourquoi, chaque fois qu’il ya eu une attaque, on l’a toujours surpris sur son twitter prêt à revendiquer le pouvoir au cas où ces attaques parviendraient à liquider le président Ouattara ou le chasser simplement du pouvoir.
Comme dans le scénario malien ?
Exactement. Dans sa tête, Ouattara est déjà mort. Il attend lui aussi comme Hambak l’instant fatidique pour s’emparer du pouvoir. En attendant, il construit son réseau. Ses récents voyages à l’étranger ont pour but manifestement de se faire connaître et de rassurer les autorités du monde quant à sa capacité à exercer le pouvoir d’Etat. Mais dans son schéma, il craint deux adversaires redoutables : Hamed Bakayoko dont il connait les ambitions de conquête du pouvoir et les partisans d’Ib qui le tiennent dans leur ligne de tir parce qu’à leurs yeux il est l’assassin de leur chef. Mais il ya aussi le Fpi dont le poids politique quoiqu’on dise encore, pesant dans le pays, constitue un obstacle réel à la réalisation de ses ambitions. D’où son appel ces derniers temps à rassembler les forces politiques pour se débarrasser de ce parti en « l’éradiquant » de la scène politique ainsi que ses amalgames pour faire croire à l’opinion nationale et internationale que ce parti et ses alliés sont proches des islamistes. Parce qu’il est conscient que nul ne peut gouverner sereinement ce pays s’il n’a le soutien démocratique du Fpi. Sans le Fpi, le peuple ne se reconnaîtra dans un quelconque pouvoir.
Qui est le dernier ennemi de Ouattara ?
C’est le président Bédié et le Pdci. Ils n’ont jamais consommé leur chute depuis 1999. Depuis, ils cherchent à reconquérir le pouvoir. Mais affaibli par le poids de l’âge et par l’image trop ternie résultante de son long règne, le Pdci s’est rapproché du Rdr par un calcul simple. Bien instruit de ce que les Ivoiriens dans leur majorité ne voulaient pas du Rdr et de son mentor Alassane Ouattara, il a fait une alliance contre nature avec ce parti et par des attaques en règle contre le Fpi, il a dépensé beaucoup d énergie à brocarder et à discréditer la politique de refondation en espérant que, le Fpi détruit et absent de la scène politique, les Ivoiriens préféreront mille fois le Pdci au Rdr qui reste pour lui un ennemi. Une partie du schéma a fonctionné. Gbagbo n’est plus au pouvoir et depuis, le Pdci rêve de reprendre ce qu’il considère comme « sa chose ». Mais la suite n’est pas encore acquise. Si Ouattara, dans le respect du partage de l’Exécutif avec le Pdci, avait accepté Kablan Duncan comme Premier Ministre, il aurait été longtemps évincé du perchoir. Avec Jeannot Ahoussou Kouadio à la Primature, le Pdci a dû ravaler son funeste projet de chasser Ouattara du pouvoir. Aujourd’hui, le Pdci qui n’a pas encore renoncé à ses ambitions, est l’auteur véritable des escarmouches et autres attaques dans le pays. Il tient bien la gendarmerie dont le commandant supérieur est un militant patenté de ce parti. Les sorties et autres exercices militaires avec des chars dans le pays est à suivre de très près. Les manouvres militaires peuvent surprendre. N’avez-vous pas remarqué que c’est toujours Le Nouveau Réveil, journal qui lui est proche qui annonce toujours des plans de déstabilisation en accusant le Fpi ? Le Pdci veut revenir au pouvoir par un coup de force, mais en utilisant le Fpi comme bouclier. S’il réussit, c’est tant mieux pour lui, s’il échoue, le Fpi est le commanditaire tout désigné. Il renverse, comme on le dit au village, la dame-jeanne d’huile de palme avec les pieds et lorsqu’on demande qui a fait cela, il montre les paumes de ses mains propres pour clamer son innocence tout en pointant un doigt accusateur vers un autre pour éviter la répression. Je n’ai pas besoin de dire que c’est une attitude lâche. Si, aujourd’hui, malgré son âge, Bédié refuse de prendre sa retraite à la tête du Pdci, c’est qu’il a bon espoir qu’il va réaliser son coup. En prenant comme Premier Ministre Daniel Kablan Duncan, Ouattara met en place le puzzle de sa chute.
Pour vous donc, si on vous a bien suivi, les vrais déstabilisateurs du pays sont dans l’ombre et c’est le Fpi qui est épinglé.
Tout à fait. Le but, c’est endormir Ouattara et en même temps se débarrasser d’un acteur politique gênant qu’est le Fpi. Les dernières arrestations des cadres du Fpi après celles qui ont suivi la chute du président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, on l’aura compris, ne visent qu’un seul objectif : éloigner les potentiels concurrents dans la course au pouvoir. Mais c’est peine perdu avec le Fpi. Ce parti, comme une hydre régénèrera chaque fois qu’on lui sectionnera un membre. Il est fait pour la Côte d’Ivoire libre, démocratique et souveraine. En alerte constante, malgré les épreuves et toutes les adversités du moment, il est pour les Ivoiriens la flamme qui éclaire et réchauffe leurs nuits froides et le rocher sur lequel ils s’appuient pour résister contre la nouvelle dictature rampante ouattarienne, dictature contre- productive et anachronique qu’on essaie de nous imposer. Le Fpi est et restera pour nos compatriotes le rempart de la liberté et de la démocratie. Je l’ai déjà dit en plusieurs occasions : ce parti est comme un roseau. On peut le plier mais il ne se rompra jamais. Et on le voit bien, 18 mois après l’arrivée au pouvoir de Ouattara, la stabilité politique et sociale ainsi que la relance économique du pays dépendent de ce parti qui compte et avec qui, il faut franchement discuter. A vouloir le détruire ou l’affaiblir par des méthodes antidémocratiques, le victimiser chaque jour, on l’aide à conquérir des espaces de sympathie dans le cour des Ivoiriens qui n’entendent que sa voix. Donc, asseyons-nous et discutons.
A propos justement de discussion et de réconciliation, on a l’impression qu’on tourne en rond
Tout à fait. Tout le monde connait et voit ce qu’il faut pour réconcilier les Ivoiriens mais on fait tout pour le contourner et l’ignorer. Pour apaiser les cours meurtris et lancer et donner une chance à la réconciliation, il faut, tout le monde en convient désormais, que le président Gbagbo soit libéré de La Haye. Présent dans son pays, lui seul peut trouver les mots justes pour calmer les esprits et amener les Ivoiriens à pardonner et les inviter à repartir. Nous avons eu 18 mois pour tenter une aventure de réconciliation entre les Ivoiriens, on a eu à dépenser beaucoup d’argent à cette fin, et cela n’a rien donné. Le schisme entre les Ivoiriens est profond. Seul Gbagbo présent peut pousser les Ivoiriens à se retrouver. Donc, trêve de tergiversation ! Il faut que les tenants actuels du pouvoir fassent preuve de courage et de dépassement de soi pour travailler à faire retourner sans condition Gbagbo au pays s’ils veulent vraiment de la réconciliation. Ceux qui dans les officines du pouvoir pensent le contraire, non seulement ils aiment voir la Côte d’Ivoire en lambeaux pour pouvoir tirer de funestes avantages mais ils souhaitent la chute de Ouattara. Car, tant que Gbagbo sera à La Haye, l’inimitié entre Ouattara et le peuple ivoirien s’approfondira.
Pensez-vous que le président Gbagbo peut revenir un jour au pays ?
J’en suis plus que convaincu et j’invite les Ivoiriens à le croire aussi. Gbagbo nous reviendra pour la stabilité de notre pays et le bonheur des Ivoiriens. De plus en plus de part le monde, ils sont nombreux ceux qui se mobilisent pour sa cause. L’Union Africaine fait de sa libération même provisoire un point d’honneur. Tout cela montre que la Côte d’Ivoire est un pays essentiel et on ne peut pas y faire n’importe quoi. Je pense comme plusieurs compatriotes que Dieu a la main sur ce pays et il ne veut pas sa perte. On aura remarqué que tous ceux qui ont cherché sa destruction et souhaité la chute de Laurent Gbagbo sont aujourd’hui frappés de malheur : Chirac a perdu la raison ; De Villepin a maille avec la justice et frappé d’anathème dans la vie politique française ; Alliot-Marie est rangée dans les oubliettes réduite à sa plus petite expression ; Wade et Sarkozy sont partis du pouvoir de la façon la plus honteuse de leur existence ; Jean Ping a été poussé à la porte de l’Union Africaine dans l’humiliation . J’observe tout cela . Coïncidence ?! Peut-être. Mais coïncidence surprenante. Et aujourd’hui rien ne va au pays. Tout est bloqué. Et ce n’est pas les changements successifs de gouvernement qui vont régler les choses. Pour sauver la Côte d’Ivoire, il faut libérer Gbagbo
Mais apparemment à La Haye, les choses sont vues autrement.

Tout à fait. La dernière décision des juges maintient encore Gbagbo en détention pour des raisons fallacieuses. Cependant, ils ont bien compris l’enjeu de la libération de Gbagbo. Ils comprennent bien que juridiquement ils ne peuvent pas garder le président Gbagbo qui commence à devenir un prisonnier encombrant et gênant dont la condamnation risque de discréditer à jamais cette institution. C’est pourquoi ils recherchent une solution politique au maintien ou non de Gbagbo en prison. Pour ma part, je suis confiant et je pense qu’on chemine vers la libération du président Gbagbo. Le fait que dans leur dernière décision les juges aient fait une ouverture sur la possibilité de voir Gbagbo hors de La Haye mais accueilli dans un autre pays ouvrant du coup le débat politique sur sa détention est en soi une victoire qu’il faut saluer et retenir. C’est pourquoi, il n’y a pas de raison de désespérer.
Interview réalisée par K. Kouassi Maurice in Le Temps du samedi 17 novembre 2012

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Les supporters de Chelsea adoubent Didier Drogba

                                                                                                                                Nouvelle distinction pour Didier Drogba, qui même s’il a quitté Chelsea pour rejoindre le club du Shanghai Shenhua en Chine, reste encore présent dans la mémoire des supporters. Au cours d’un sondage réalisé par les Blues, pour la 100e parution de leur magazine officiel et destiné à désigner le plus grand joueur de l’histoire du club, c’est l’international ivoirien qui a été plébiscité par les plus de 20 000 votants.

« Loin des yeux loin du coeur« . Visiblement, cet adage ne s’applique pas aux supporters de Chelsea. Invités à voter pour un sondage dans le cadre de la 100e parution du magazine officiel du club pour désigner le plus grand joueur de l’histoire des Blues, les fans ont porté leur choix en masse sur Didier Drogba. L’international ivoirien est arrivé en tête sur plus de 20 000 suffrages devant Frank Lampard (2e), Gianfranco Zola (3e) et John Terry (4e), joueurs emblématiques de l’équipe londonienne. Rien que ça.

S’il a quitté Chelsea à l’issue de la saison dernière, avec une Ligue des Champions au bout de son aventure avec les Blues, pour rejoindre le Shanghai Shenua, cette récompense vient prouver l’attachement toujours fort des supporters envers le capitaine de la sélection ivoirienne. Une distinction à laquelle Drogba n’a pu rester insensible. « Je remercie tous les fans qui ont voté pour moi. Je suis vraiment honoré et fier tant il y a eu de grands joueurs au club avant moi et aussi lorsque j’y étais. Figurer à côté de tous ces grands noms est vraiment un privilège absolu. Je suis très heureux d’avoir participé à l’histoire de Chelsea et c’est incroyable de recevoir une telle récompense« , a-t-il confié sur son site officiel en guise de remerciements.

Même s’il fait désormais les beaux jours du shanghai Shenhua, Didier Drogba peut désormais être sûr que l’histoire d’amour qui le lie aux supporters de Chelsea est loin de s’essouffler. Après 8 saisons de bons et loyaux services, pour 157 buts en 341 matchs sous la tunique des Blues, l’Eléphant a la certitude qu’il sera toujours le bienvenue « chez lui », à Londres. Et dire qu’à l’été 2004, il était arrivé à Chelsea à reculons en provenance de l’Olympique de Marseille…

Le terrorisme peut-il vaincre la démocratie ivoirienne ?

Lâchés par le discours officiel d’une opposition du FPI qui a compris qu’à défaut de participer effectivement au jeu démocratique, il valait mieux raison garder et ne pas se jeter dans une guerre pour rien – voire dans une guerre pour rire – , les derniers partisans des Escadrons de la Mort de Laurent Gbagbo s’attaquent sans relâche à la sécurité des habitants de la Côte d’Ivoire, espérant ainsi créer cette psychose des profondeurs qui paralyserait la nouvelle émergence du pays d’Houphouët-Boigny. En s’attaquant tout récemment à la centrale thermique d’Azito, aux postes de l’armée à Bonoua, comme précédemment aux camps d’Akouedo et d’Abengourou, aux villes de la frontière ivoiro-libérienne, comme aux localités qui longent la frontière ivoiro-ghanéenne, les anciens Escadrons de la Mort reconvertis en terroristes à l’encan nous incitent à nous poser une question qui brûle nécessairement toutes les lèvres : le terrorisme peut-il vaincre la jeune démocratie ivoirienne ? Pour répondre à cette question, en la présente tribune, nous devons nous interroger au préalable sur l’essence profonde du terrorisme et celle de la démocratie ; nous devons ensuite examiner les arguments idéologiques et stratégiques de l’engeance armée qui refuse mordicus de reconnaître la défaite évidente de Laurent Gbagbo aux présidentielles ivoiriennes de novembre 2010 ; nous devons enfin confronter lesdits arguments des néo-terroristes de l’aile extrémiste de la Refondation à ceux de la nouvelle majorité politique du RHDP qui gouverne effectivement la Côte d’Ivoire depuis la défaite puis la chute de Laurent Gbagbo. A ces seules conditions, une réponse objective à la question examinée par le présent propos paraîtra raisonnablement envisageable, sans pour autant que nous souscrivions à l’art suspect des prophètes médiatiques dont l’Afrique regorge.

D’emblée, touchons à l’essence des concepts en jeu, pour cerner les réalités qu’ils nomment. Qu’est-ce donc que le terrorisme ? C’est l’usage partiel ou total de la violence armée pour harceler une société, un Etat, un gouvernement ou toute autre communauté humaine afin d’intimider, de blesser, de tuer, pour faire triompher une cause que l’on défend ou pour faire échec à une cause que l’on combat. L’objectif visé du terrorisme, c’est donc le règne de la terreur, cette peur-panique qui paralyse les esprits, tétanise et chloroformise les corps, se traduisant par un repli des individus et des groupes dans leurs ilots de survie. Ceci se traduit enfin par une population livrée aux miasmes de la peur du lendemain et de l’angoisse déprimante face au présent. Une société terrorisée est une société bloquée, incapable d’inventer et de réinventer, de générer des projets et d’émerger en toute modernité dans la compétition des communautés humaines contemporaines. La terreur, en transformant la mort en banalité, transforme la vie en morgue permanente. Réduit à survivre, l’homme terrorisé ne vit plus. Il vit de mourir et meurt de vivre, dans une lassitude famélique qui le plonge dans un fatalisme obscur. Telle est manifestement la finalité recherchée par les stratèges de la déstabilisation de la Côte d’Ivoire contemporaine : ayant perdu la bataille électorale et la bataille militaire initiales du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, ils sont entrepris de tenter au forceps de remporter la bataille psychologique, celle de la confiance au processus de modernisation de la Côte d’Ivoire. Quoi de plus contraire à l’esprit de la démocratie que le terrorisme des Escadrons de la Mort reconvertis en hiboux des forêts frontalières ?

Définie en général comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, la démocratie peut être plus pragmatiquement définie comme l’organisation pacifique et consensuelle de la concurrence en vue de l’acquisition, de l’exercice, de la conservation ou de la transmission du pouvoir politique. Saisie de la sorte, elle requiert un consensus des forces sociopolitiques en compétition autour d’une règle du jeu qui puisse servir de référence à l’arbitrage des conflits d’intérêts qui nécessairement apparaîtront au fil de l’action. Evidemment, un tel consensus suppose qu’aucune des forces en présence ne s’empare du monopole de la violence au détriment des autres, de telle sorte que la seule forme de violence qui soit normale découle de la défense des conditions intangibles de la concurrence pacifique qui constitue, à travers la recherche des suffrages populaires par les partis en présence, la colonne vertébrale de la démocratie. En démocratie, la force est mise au service du droit, et non l’inverse, le droit au service de la force. Or que s’est-il passé en Côte d’Ivoire, quand les Ivoiriennes et les Ivoiriens ayant délibérément choisi de changer de président de la République se sont vus opposer les armes agressives de la Garde Républicaine du Général Dogbo Blé et des milices pro-Gbagbo ? Le camp de la Démocratie, de fait, était devenu celui de l’opposition victorieuse aux élections. Le Camp de la Terreur, celui des caciques de l’ancien régime du FPI de Laurent Gbagbo. L’âme de la République était désormais au cœur même de la nouvelle majorité politique victorieuse des élections. La question cruciale qui se posait alors était la suivante : fallait-il laisser la force des armes l’emporter sur la force des urnes ou fallait-il mettre la force des armes au service de la voie des urnes ? En d’autres termes, les démocrates ivoiriens auraient-ils dû assister les bras croisés à la mort de la liberté qu’ils avaient si chèrement conquise en organisant ces élections présidentielles consensuelles d’Octobre-Novembre 2010 ? Les démocrates avaient le choix entre la servitude volontaire et le sacrifice pour la liberté. Et l’on sait que c’est au prix de ce courage et de la capacité de mobilisation des citoyennes et citoyens ivoiriens menacés de spoliation électorale, mais aussi du savoir-faire stratégique d’Alassane Ouattara et de Guillaume Soro que la Côte d’Ivoire est de nouveau debout.

Examinons donc ensuite les arguments idéologiques et stratégiques de l’engeance armée qui refuse mordicus de reconnaître la défaite évidente de Laurent Gbagbo aux présidentielles ivoiriennes de novembre 2010. Indiquons concomitamment les objections évidentes que ces arguments ne sauraient manquer de soulever.

Le premier de leurs arguments est presqu’un refrain : Ouattara et Soro seraient l’incarnation de la Françafrique, leur leader lmpiste Gbagbo étant celle de la résistance panafricaniste. Pourtant, qui ignore la fausseté de cet argument ? Elus véritables du peuple ivoirien, les dirigeants actuels de la majorité du RHDP sont les plus légitimes de toute l’histoire de la Côte d’Ivoire après Houphouët-Boigny. L’implication de la France, au finish, du côté de la démocratie est donc un fait sans précédent qu’il conviendrait de mettre au crédit des stratèges du RHDP qui inaugurent ainsi une jurisprudence de haute portée dans la relation franco-africaine car l’Histoire retiendra que ce sont bien Alassane Dramane Ouattara et Guillaume Soro qui firent combattre, pour la première fois de son histoire, la France aux côtés d’une opposition électoralement victorieuse contre un despote africain. Mieux encore, en quoi Gbagbo, l’ami autoproclamé de Bolloré, le financier des campagnes présidentielles françaises, l’ami des extrémistes du Front National français, le protégé des sulfureux Dumas et Vergez, peut-il se targuer d’être le plus anti-français des Ivoiriens ? Autant fuir la pluie pour se cacher dans la rivière !

Le deuxième des arguments récurrents des extrémistes armés de la Refondation porte sur les événements de septembre 2002. Ils prétendent que de la même façon que le MPCI de Guillaume Soro aurait foutu le mandat 2000-2005 de Laurent Gbagbo en l’air, de même, il faudrait que le RHDP aujourd’hui au pouvoir boive le calice de la déstabilisation jusqu’à la lie, en guise de réponse du berger à la bergère. Mais qui ne voit pas la légèreté intellectuelle affligeante de cet argument revanchard ? Les extrémistes armés de la Refondation oublient le déficit de démocratie qui a présidé à l’accession étriquée et par effraction de Laurent Gbagbo au pouvoir en octobre 2000, avec le soutien majeur des socialistes français au pouvoir en ce temps-là. Aux termes d’une élection « calamiteuse » – dixit Gbagbo lui-même – , l’enfant de Mama s’est accaparé du pouvoir. Mais non content de ce rapt pseudo-électoral où le Général Guéi se fit rouler dans la farine avant de se faire assassiner vulgairement deux ans plus tard, le FPI de Laurent et Simone Gbagbo reprit le flambeau funeste de l’ivoirité, redoublant d’ardeur dans la destruction de l’éthique spirituelle de la nation ivoirienne. C’est cette dérive identitaire, doublée d’une arrogance violente et d’un mépris cynique des Africains de Côte d’Ivoire tout comme des Ivoiriens du Nord et du Centre du pays, qui a conduit Gbagbo à La Haye.

Le troisième des arguments des désespérés qui harcèlent sporadiquement les FRCI, c’est l’invocation du contentieux électoral 2010, notamment du refus de la solution du recomptage comme rupture du pacte démocratique issu des Accords de Ouagadougou (2007). Or, voici encore la mauvaise foi des extrémistes du FPI mise à nu : comment peut-on invoquer la solution du recomptage quand on sait que le pouvoir Gbagbo a procédé, en vue de son autoproclamation comme victorieux du second tour en novembre 2010, à l’annulation des votes de sept régions électorales du Nord et du Centre de la Côte d’Ivoire ? Qui aurait encore la bassesse d’ignorer que si ce n’était qu’affaire de recomptage, le FPI n’aurait pas eu besoin de soustraire sept régions du pays du décompte électoral final ? Au demeurant, de décembre 2010 à mai 2011, on a vu des Refondateurs de tous poils camper derrière la défense de la sacro-sainte décision du Conseil Constitutionnel, au nom d’un légalisme qui ne tarda pas à se révéler à géométrie variable. En effet, quand son président Yao N’Dré revenant du Ghana et revenant sur sa décision, ledit Conseil Constitutionnel avoua s’être trompé en déclarant Gbagbo élu le 3 décembre 2010, combien de nos légalistes Refondateurs se plièrent à l’instance suprême d’arbitrage de la Constitution ?

Le quatrième des arguments rebattus par nos extrémistes reconvertis des Escadrons de la Mort, c’est celui de leur capacité à porter militairement le fer contre les FRCI, dans un mano a mano strictement ivoiro-ivoirien qu’ils appellent de tous leurs vœux. L’une des versions de cet argument consiste à dire que le Président Ouattara, tout comme la rébellion du MPCI-Forces Nouvelles, n’auraient eu aucun succès militaire face aux FDS de Gbagbo sans l’intervention de la France et de l’ONU. N’est-il pas facile de voir en quoi la naïveté d’une telle argumentation est affligeante ? Il n’y a pas de politique nationale efficace sans politique extérieure conséquente. Loin d’être né de la dernière pluie, le Président Alassane Ouattara a largement montré qu’il l’a compris depuis belle lurette. Aucune guerre efficace n’est menée sans base arrière hors du territoire de l’ennemi. La France sous les Nazis, s’appuie sur l’Angleterre, les USA, les colonies d’Afrique, pour écraser Hitler. L’ANC en Afrique du Sud s’appuiera sur la Zambie, la Namibie, le Zimbabwé, l’Angola, pour affronter militairement le régime de l’Apartheid. Laurent Gbagbo en 2000 s’appuie sur les socialistes français pour être internationalement reconnu ; en 2002 le même Laurent Gbagbo en appelle aux Accords de défense franco-ivoiriens pour combattre ses compatriotes rebellés du MPCI ; de 2002 à 2012, les extrémistes armés de la Refondation continuent de s’appuyer sur des alliances miliciennes au Libéria, sur des complicités gauchisantes au Ghana et peut-être même des complicités obscurantistes au Nord-Mali, sans oublier les mercenaires biélorusses de l’armée de l’air de Gbagbo en 2004, etc. Comment le pouvoir FPI qui s’est régulièrement appuyé sur des forces étrangères pour peser politiquement en Côte d’Ivoire, peut-il qualifier ses adversaires victorieux d’ « hommes de l’Etranger », quand ils le battent à plate couture sur le terrain de la mobilisation stratégique de la communauté internationale ? L’amnésie ne saurait faire office d’argumentation en politique.

Qu’il plaise donc aux lectrices et lecteurs de la présente tribune d’apprécier maintenant la conclusion qui me paraît s’imposer de ce qui précède : dans la bataille que le terrorisme des extrémistes de la Refondation livre contre la jeune démocratie ivoirienne incarnée par la majorité légale et légitime du RHDP, la force de la raison et la raison de la force sont dans les mains des élus véritables du peuple ivoirien. L’avenir est résolument sous leur responsabilité. Ils sont mis en demeure de réussite et en ont manifestement conscience, à en juger par leurs premières réalisations nationales. L’examen scrupuleux des quatre arguments rebattus par la propagande extrémiste en montre la vacuité intégrale. Je l’ai dit ailleurs et je le redis ici : avoir la lâcheté de faire la guerre pour rétablir l’ivoirité ne vaut pas le courage d’avoir fait la guerre pour l’abolir et redonner à la Côte d’Ivoire son rang et sa noblesse dans la féérie des nations émergentes. A ce compte, c’est la démocratie qui s’avère indéboulonnable en Côte d’Ivoire, pour le bonheur des Ivoiriennes et des Ivoiriens dont tout observateur de bonne volonté s’accordera à dire qu’ils ont franchement retrouvé cet espoir que dix années de Refondation avaient complètement asséché. La démocratie peut et doit vaincre le terrorisme en Côte d’Ivoire. Telle est la promesse d’humanité de ce grand pays !

Une Chronique de Franklin Nyamsi
Agrégé de philosophie
Paris, France