Côte d’Ivoire:Comment oeuvrer à l`édification d`une école d`excellence?

                                   Article publié le: 17 Septembre 2012 – Auteur: DIABY Foussény alias BEN Kassamba – Source: Lebanco.net

Lundi 3 septembre 2012 restera une date mémorable dans le système éducatif ivoirien et surtout dans l’enseignement supérieur avec la remise des clés des universités publiques aux présidents de ces institutions par le président de la République Alassane Ouattara. Le président Alassane Ouattara a osé prendre une décision douloureuse comme il a reconnu dans son discours en fermant toutes les universités publiques ivoiriennes. C’est un défi qu’il vient de relever ! Alassane Ouattara aime le beau comme feu Félix Houphouët-Boigny aimait la beauté. A telle enseigne que nous nous sommes souvenus de certains écrits du front populaire ivoirien (F P I) et de Laurent Gbagbo qui avaient critiqué Houphouët-Boigny et l’une de ses belles œuvres gigantesques des institutions académiques de Yamoussoukro.

Dans la première partie de leur ouvrage intitulé : Propositions pour gouverner la Côte d’Ivoire : introduction de Laurent Gbagbo où ils ont écrit dans le sous-chapitre intitulé : 2) Des établissements trop luxueux et sous- utilisés « L’Ecole Nationale des Travaux Publics (ENSTP) et l’Institut National Supérieur de l’enseignement Technique (INSET) font partie des lieux touristiques les plus visités de la ville de Yamoussoukro. Pour certains visiteurs, les deux écoles représentent deux des plus belles réalisations du monde ». Laurent Gbagbo comme à son habitude n’a jamais admiré les oeuvres de Félix Houphouët-Boigny de son vivant ! Mais continuons la lecture « Pour d’autres, la construction de telles (tels, NDR) édifices dans un pays en développement relève de la pure folie ». Quelle est l’appréciation de Laurent Gbagbo et du FPI ? « Pour nous, l’ENSTP, l’INSET et le Lycée Scientifique représentent un simple gâchis financier…. Le pouvoir PDCI aurait l’intention de classer monuments historiques toutes les réalisations prestigieuses de Yamoussoukro dont l’ l’ENSTP et l’INSET. Nous considérons ces établissements pour le moment comme de simples et indispensables lieux de transmission des cultures, d’enseignement et de formation des Ivoiriens, sans plus ».

(Pp 139/140). La critique est aisée et l’art est difficile, dit-on !

Pendant plus d’une décennie, Laurent Gbagbo et le FPI n’ont fait qu’abandonner l’école à elle-même quel que soit le lieu sur le territoire ivoirien. Le gouvernement frontiste-refondateur des enseignants gauchistes n’a rien fait de réalisations qui puissent retenir la mémoire des Hommes. Alors que dans l’ouvrage cité ci-dessus, que de propositions faites pour l’école ivoirienne ! La critique est aisée et à l’oeuvrer c’est lamentable. Ces hommes étaient venus pour s’enrichir à tel point qu’un ministre avait déclaré publiquement dans un meeting qu’il ne sera ‘’plus jamais pauvre’’. En aparté il nous avait dit qu’il est là ‘’pour avoir du fric’’ ! Alors nous comprenons pourquoi le pays était en lambeau. Avec la réouverture des universités publiques ivoiriennes après leur rénovation et leur réhabilitation avec de constructions nouvelles, l’enseignement redémarre avec de nouveaux objectifs assignés aux différentes institutions scolaires et académiques par le président Alassane Ouattara.

A voir, à regarder et observer à la télévision et dans les journaux les bâtiments de l’université Félix Houphouët-Boigny flambant neufs, nous ne pouvons dire que les étudiants sont vraiment des privilégiés parmi leurs camarades africains! Et sur le terrain à Bouaké en visitant l’université Alassane Ouattara et certains locaux nous sommes impressionnés par les réalisations gigantesques dans un pays qui vient de sortir d’une longue crise!
Dans l’amphi K F où se déroulait, ce samedi 8 septembre 2012, la cérémonie officielle d’ouverture, il y a un grand écran qui retransmet la cérémonie. Le technicien interrogé répond que la manifestation pouvait être vue dans d’autres amphis de l’université Alassane Ouattara de Bouaké ou de Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan et son collègue déclare qu’il ne sera plus possible aux étudiants fraudeurs de tricher en ouvrant leurs documents cachés parce que toutes les compositions sont filmées ! Fantastique ! Cette œuvre titanesque nous rappelle l’école télévisuelle entreprise par le président Houphouët-Boigny mais qui avait été critiquée à son temps ! Mais passons pour montrer les changements introduits par le président Alassane Ouattara. Houphouët-Boigny avait fait de l’école une de ses priorités pour le décollage économiques de la Côte d’ivoire. Alassane Ouattara le suit quand nous observons les réalisations gigantesques dans le domaine d’éducation, de formation et d’enseignement.

110 milliards de FCFA pour les universités publiques ivoiriennes et 24 milliards de F CFA du programme présidentiel d’urgence pour les écoles primaires et secondaires du ministère de l’éducation nationale. Désormais les étudiants sont obligés moralement de réussir en un temps record. Toutes les conditions sont réunies. Le ton est donné. Le cours inaugural dispensé par le président Alassane Ouattara était d’un niveau élevé. Et celui donné à l’université Alassane Ouattara de Bouaké par le professeur AKINDES était aussi élevé à telle enseigne qu’un étudiant a demandé au professeur maitre de cérémonie de lui résumer le cours ! Il faut le signaler. C’est pourquoi les étudiants doivent lire et relire l’allocution du président de la République pour comprendre que ce que veut le président pour la jeunesse estudiantine ivoirienne. En s’adressant aux étudiants, le président a déclaré entre autres propos : « Quant à vous, chers étudiants, je vous exhorte à travailler et à prendre soin de ce nouveau cadre de travail et d`épanouissement qui vous est offert. Vous devez mériter de la Nation car c`est à vous qu`il reviendra demain, de maintenir haute la place de la Côte d`Ivoire en Afrique et dans le monde ».

Et de déclarer : « Notre objectif est que l`Université se transforme, qu`elle devienne plus ouverte et plus sélective, qu`elle soit mieux gérée et qu’elle fonctionne, comme les meilleures universités du monde, c’est-à-dire avec des règles, des principes et de la méthode ; elle doit être également le foyer de la liberté d’expression».

Comme sa référence, c’est-à-dire Félix Houphouët-Boigny qui n’a jamais lésiné sur les moyens pour le système éducatif ivoirien, l’actuel locataire du palais présidentiel mise sur l’éducation et la formation pour le décollage nouveau de la Côte d’Ivoire ! « Il n’y a de richesse que d’hommes », dit-on et le président le sait, lui qui a découvert le système éducatif du pays de l’Oncle Sam à l’âge de vingt ans. S’inspirant de cet exemple vivant dont il a bénéficié, son rêve devient réalité cette année. Mais en réalité c’est depuis 1992 qu’il a mis ce plan en place. Cinquante années après, son rêve devient réalité comme Félix Houphouët-Boigny avait conçu le plan d’urbanisation de Yamoussoukro à l’époque coloniale.

Alassane Ouattara a pris l’engagement pour que « l’éducation et la formation continuent d’être une priorité pour le gouvernement » comme l’avait fait son inspirateur. L’éducation était une des priorités annoncées pendant les campagnes électorales présidentielles.

Pour avoir un enseignement supérieur de qualité, il faut un enseignement de base de qualité. C’est pourquoi il convient de voir ce qui a été fait au ministère de l’éducation nationale pendant les deux dernières années scolaires.

Mme Kandia Kamissoko Camara à la tête de ce ministère de l’éducation nationale a marqué sa première année par l’interdiction de tout syndicalisme en milieu scolaire en se basant sur le fait que les apprenants n’ont pas encore atteint l’âge de la majorité qui est de 18 ans. Ce qui a permis d’avoir une accalmie dans les collèges et lycées malgré quelques soubresauts dans le secondaire.
D’ailleurs en faisant le bilan des résultats des examens à grands tirages des deux années scolaires, nous constatons qu’il y a eu une progression, soit-elle infime, au niveau de BEPC et du BAC selon les résultats communiqués. Et le tableau suivant nous indique les taux de réussite dans les examens scolaires à grands tirages pendant les douze dernières années scolaires :

Hormis les résultats du CEPE qui dépassent la barre de 50%, ceux du BEPC et BAC restent en dessous de la moyenne de 50% pendant les deux années de Kandia Camara Kamissoko !

Si les résultats des examens à grands tirages scolaires des deux dernières années ne sont pas satisfaisants selon certains, ils reflètent quand même la réalité. En effet les mesures prises par la ministre Kandia Camara Kamissoko ont réduit le taux d’irrégularité et de fraude constatés au cours des années précédentes.

L’interdiction du syndicalisme scolaire dans le secondaire. L’interdiction des portables dans les salles de composition au BEPC et au BAC. Ce qui a entrainé la collecte de plus de mille portables des candidats. Mêmes les enseignants surveillants étaient privés de leur portable pendant la surveillance des épreuves. Personne n’est épargné ! Pas de demi-mesure !

La ministre de l’éducation nationale a mis un accent particulier sur la lutte contre la fraude sous toutes ses formes. Ce qui a entrainé plusieurs arrestations des enseignants fraudeurs et même un mercenaire. Mais beaucoup reste à faire car les gros poissons sont tapis dans l’ombre du ministère de l’éducation nationale et de la communauté éducative. Par exemple un enseignant nous révélait qu’au cours de la composition d’une épreuve au CEPE, des parents d’élèves ont cotisé de l’argent pour lui donner afin d’aider leurs enfants mais il a refusé !

Malgré les concertations menées par la ministre pour éviter des manifestations de mécontentement, elles ont eu lieu. Notamment des enseignants des CAFOP qui pour la première fois dans les annales du ministère de l’éducation nationale ont manifesté leurs mécontentements à l’égard de leurs supérieurs qui semblent ne pas comprendre le fonctionnement des centres de formation pédagogique (CAFOP) à telle enseigne qu’ils les minimisent selon leur propre terme.

Si les universités publiques ivoiriennes ont coûté 110 milliards de FCFA, le ministère de l’éducation nationale a, quant à lui, bénéficié 24 milliards de F CFA du programme présidentiel d’urgence.

Une école nouvelle renait grâce au programme présidentiel d’urgence. Le gouvernement est décidé à donner une physionomie nouvelle à l’éducation et à la formation. C’est pourquoi il a décidé de rénover en construisant des infrastructures nouvelles : 1 500 classes pour le primaire, 143 salles de classe pour le préscolaire 4 collèges de proximité offerts par le président Ouattara pour la rentrée scolaire 2012/2013 du 17 septembre 2012.

Face au déficit d’enseignants il y a eu le recrutement des enseignants tant au niveau de l’enseignement primaire que de celui du secondaire pour atteindre finalement aux normes de l’Unesco à savoir 35 élèves par classes.

Mais comment oeuvrer à l’édification d’une école d’excellence ?

La construction des infrastructures nouvelles ne doit pas faire oublier qu’il y a des écoles où tout manque : tables-bancs, électricité, tableau etc. Des classes décoiffées ! Au cours de l’année passée, c’est à la veille des épreuves d’entrée en 6ème que des parents d’élèves d’un groupe scolaire à Bouaké demandaient aux élèves de dire à leurs géniteurs de s’acquitter des cotisations afin d’éclairer les classes. Alors que les subventions dans le primaire pour une école de trois classes s’élèvent à 600.000 FCFA, six classes 900 000Fcfa et un groupe scolaire de deux écoles à 1.400.000 FCFA selon le responsable national du COGES.

Le recrutement des nouveaux enseignants est une obligation ! C’est ainsi que 3415 enseignants ont été formés sans oublier 357 enseignants du secondaire, 3163 instituteurs et 105 enseignants du privé ! Pour Madame la Ministre de l’éducation nationale, cette formation a pour objectif de «relever les défis de la qualité et de l’efficacité de l’enseignement» parce que ces enseignants recrutés constituent « la locomotive sur laquelle l’Etat ivoirien compte » pour faire de la Côte d’Ivoire un des pays émergeants.

Mais là où le bas blesse, il faut l’écrire, c’est qu’il n’a jamais été question de la formation continue de ceux qui sont sur le terrain dont la plupart au cycle primaire ne maîtrisent pas la formation par compétence (FPC). Manque de formation continue, de documentation, de matériel…. Tels sont quelques maux dont souffre l’école primaire ivoirienne.

Dans un Dossier pédagogique intitulé « La FPC dans la construction du savoir de l’enfant du CE en Histoire et Géographie » et dans un autre intitulé « Le maître face à la FPC dans l’enseignement des Sciences et Technologie » des élèves –maitres de l’année académique 2011/2012 de l’ENI-CAFOP 2, ils révèlent que « 70% des enseignants ne maitrise pas la FPC ». « 64.51% éprouve des difficultés, 67.74% : problèmes de documentation…. ». Nos stagiaires ont démontré que la formation par compétence n’était pas le lot quotidien de la majorité des instituteurs sur le terrain parce qu’ils n’ont pas été formés à cette nouvelle approche pédagogique introduite depuis une décennie dans le système éducatif de base. Ce sont quelques problèmes récurrents que rencontrent la plupart des enseignants du primaire. Certains le confessent dignement et honnêtement afin de les aider tandis que d’autres cachent leurs lacunes alors qu’ils reçoivent des élèves-maitres pour les encadrer pendant leurs stages pratiques.

Il convient aussi de signaler qu’il faut rééduquer ces enseignants qui utilisent la manière feesciste pour se faire entendre. Pas plus tard que mardi 11 septembre 2012 des enseignants dits volontaires mécontents ont obligé les enseignants d’arrêter les cours dans les CAFOP de Bouaké. Au cours de l’année scolaire dernière, des élèves des collèges et lycées ont dit qu’ils ne comprennent pas certains de leurs enseignants qui pratiquent la force pour résoudre leurs problèmes pécuniaires en les ‘’obligeant à rentrer à la maison’’. Ils ignorent le droit à la différence !

Certes beaucoup de réalisations sont visibles au plan infrastructurel et humain mais il faut reconnaitre que beaucoup reste à faire parce que pendant les dix dernières années l’école était l’affaire des parents d’élèves. Et des personnes se sont enrichies sur le dos des parents d’élèves tant au nord qu’au sud. La fin des prédateurs est arrivée pour le bonheur de l’école ivoirienne !
Enfin entre la période d’arrêt des notes et la période de composition des épreuves des examens se trouve un long moment qui ne favoriserait pas les candidats selon certains témoignages !!

Souhaitons que l’AN III de la ministre améliore un peu plus l’école primaire et secondaire !!!

DIABY Foussény alias BEN Kassamba
Professeur d’Histoire-Géographie benkassamba@yahoo.fr

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