Assassinat du Général Gueï:Le voile sera-t-il enfin tombé?

Le parquet a ouvert, le mercredi 12 septembre, une enquête sur la mort du général Gueï. Pour mémoire, cet officier n’est autre que celui qui a pris le pouvoir le 24 décembre 1999 après un coup de force contre Henri Konan Bédié. Du haut de sa stature de nouvel homme fort, il organisa à sa manière une présidentielle tout en prenant le soin, par des subterfuges, d’écarter des adversaires gênants et de laisser comme candidat accompagnateur Laurent Gbagbo, qu’il croyait pouvoir battre à plate couture. Fait rarissime, notre général n’a pas bénéficié de la prime au sortant. C’est ainsi que dans les urnes et selon les observateurs il a été battu par le leader du Front populaire ivoirien, qui a dû recourir à la rue pour prendre le pouvoir. Mais le 19 septembre 2002, Gbagbo sera l’objet d’un coup de force raté. C’est à cette occasion que l’ancien chef de la junte, Robert Gueï, a été assassiné, dans des circonstances non encore élucidées.

19 septembre 2002 – 19 septembre 2012, cela fait 10 ans que dure cette triste affaire sans le moindre début de procès, ce qui suppose sa prescription imminente. C’est pour éviter que cet assassinat tombe sous le sceau de la prescription que le procureur militaire, Ange Kessi a ouvert une enquête par suite de plainte de la famille du défunt président.

Des noms d’éventuels exécutants ou commanditaires étaient livrés de temps à autre dans la presse et dans les gargotes d’Abidjan, et effectivement depuis 10 ans, le nom d’un suspect sérieux, en la personne du commandant Anselme Yapo dit Seka Seka, ex-responsable de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, l’épouse du président, est beaucoup pronconé à ce sujet. Mais si tel est le cas, a-t-il agi seul ou sur instruction d’un commanditaire haut placé ?

A l’évidence, un officier de son rang, fût-il chargé de la sécurité de la première dame, n’aurait commis une telle salle besogne sans le quitus d’un commanditaire, de rang magistral. Et c’est là que le nom du général Dogbo Blé est avancé sans aucune nuance.

Alors, la question est de savoir ici le degré d’implication du couple présidentiel, que Seka Seka et Dogbo Blé sont supposés protégés contre les forces hostiles.

Inutile de dire que Simone et Laurent Gbagbo n’ont pas été mis au parfum de ce qui se tramait contre Gueï. Peut-être pas à priori. Mais à posteriori sans aucun doute si tant est que Seka Seka et Dogbo Blé travaillaient pour leur sécurité en cette période chaude en Côte d’Ivoire. On se souvient que le président Gbagbo avait promis de faire juger l’affaire, mais depuis, le procès n’avait même pas connu le moindre début d’ouverture. A l’évidence on se résoud à admettre que connaître les exécutants et les commanditaires de cette sale besogne était le dernier souci du clan Gbagbo.

C’est donc sous le magistère d’Alassane Ouattara que le dossier a été ouvert. Les puissants de l’époque n’étant plus aux affaires, rien ne devrait en principe bloquer la machine judiciaire pour rendre justice à la famille du défunt et à la nation ivoirienne tout entière. Mais ce ne sera pas aisé pour le pouvoir actuel, coincé entre rendre justice et être accusé de sorcellerie par les frontistes et autres opposants. On a en mémoire que plusieurs dignitaires du régime Gbagbo sont présentement en tôle en attendant leur jugement, ce que certains ont appelé justice des vainqueurs. Et pourtant, il faut savoir promouvoir la réconciliation nationale sans oublier de rendre justice ; ce qui n’est pas simple.

Abdou Karim Sawadogo

source lebanco.net

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