Rentrée universtaire sous Ouattara:Que deviendra la Fesci?

une image honteuse

Plus que 3 semaines avant la reprise officielle des cours à l’université, cette nouvelle université que les actuels tenants du pouvoir disent avoir aseptisé au sens propre comme au figuré. D’un côté, les étudiants de carrières et les syndicalistes chevronnés ont tous été exclus du système éducatif. De l’autre, les bâtiments ont été entièrement repeints, de nouveaux amphis sont sortis de terre, les constructions anarchiques et les commerces illégalement constitués sur les campus ont été déguerpis. Les autorités ont même décidé de changer les noms des universités publiques pour les remplacer par des noms plus illustres comme Félix Houphouet Boigny, Nangui Abrogoua, Lorougnon Guédé, etc. Tout cela pour demontrer leur volonté à rompre avec le passé obscure qu’a connue nos universités ces 20 dernières années. Un séminaire de préparation de la rentrée universitaire 2012-2013 a même été organisé et vient de rendre ses conclusions et recommendations. Quand bien même toutes ces nouvelles mesures restent appréciables, il me semble qu’un problème fondamental a été occulté; tous sont devenus amnésiques sur la cause profonde du mal qui a causé la dechéance de notre système éducatif ces 20 dernières années, c’est-à-dire l’activité syndicale en milieu estudiantin. Tous, gouvernants et présidents d’universités compris, semblent éviter d’aborder ce sujet. Alors que la rentrée officielle est fixée au 3 septembre prochain, c’est-à-dire dans moins de 3 semaines, personne ne sait exactement si l’activité syndicale sera désormais interdite à l’univeristé ou pas. Personne ne sait non plus si la FESCI, ce syndicat étudiant mafieux qui a activement contribué à enfoncer nos écoles et universités dans la déchéance, la violence, la barberie, le vol, le viol, etc continuera d’exister dans ce nouvel environement que les impôts des Ivoiriens ont contribués à reconstruire. Rien dans les conclusions du séminaire ne donne un semblant de proposition sur les stratégies mises en place pour prévenir la contestation en milieu universitaire. Bien qu’étant de ceux qui militent pour une dissolution pure et simple de la FESCI à cause du rôle néfaste qu’elle a joué par le passé, je reste par contre persuadé que le droit d’association devrait être preservé en milieu estudiantin, mais sous des conditions bien définies. Le gouvernement et la conférence des présidents d’universités devraient s’interroger sérieusement afin de définir clairement de nouvelles conditions de créations d’un syndicat en milieu estudiantin.
Pour ma part, la pluralité syndicale et l’interdiction des fédérations syndicales devraient constituer les nouvelles normes et cela dans le but d’éviter que l’on se retrouve avec une FESCI-bis mais cette fois-ci sous un autre nom. Les conditions d’éligibilité à la tête des syndicats étudiants (sécrétaire général, trésorier, etc) devraient être conditionnées par certains standards civiques et académiques. Au titre des mesures civiques, il pourrait par exemple être stipulé que ne sont éligibles aux postes de sécrétaire général, trésorier, sécrétaire à l’organisation, et autres postes exécutifs que les étudiants n’ayant aucun antécédent criminel ou effectué une ou plusieurs peines de prisons pour quelque motif que ce soit. Au titre des mesures académiques, il serait intéressant de proposer que ne peuvent être excécutifs au sein d’un syndicat étudiant que les étudiants qui maintiendraient une moyenne générale d’au moins 12/20 dans chaque unité de valeur (UV), ceux inscrits à plein temps, ceux n’ayant jamais redoublé de classe durant leur cursus universitaire, etc. Bien d’autres mesures peuvent être ajoutées bien que ces quelques dispositions devraient permettre d’écarter les brebis galeuses en espérant que cela permette d’évider les dérives du passé.
Une fois la question des syndicats reglée, il faudra aussi resoudre d’autres problèmes qui sont généralement sources de contestations dans tous les milieux estudiantins, et cela peu importe le pays où l’on vit. Le nombre d’étudiant pas amphi et par salles de classes devra être sérieusement traité. Le ratio professeur/étudiants devra être revu à la hausse. La qualité de plats servis dans les restaurants universitaires devra aussi être rehaussée. Il faudra créer un système de restauration efficace qui permettra aux étudiants d’acheter et consommer de la nourriture de qualité à prix modérés. Cela aura le double avantage de renflouer les caisses de l’université d’une part, mais aussi de prévenir l’installation anarchique de maquis et de restaurants au sein et autour des cités universitaires d’autre part. Il faudra procéder au paiement des aides financières (bourses) aux étudiants soit par chèque soit par transfert direct sur des comptes banquaires appartenant aux étudiants comme cela se fait pour les fonctionnaires. Cela contribuerait à réduire les rackets opérés par certains syndicats indélicats et prévenir les longues files d’attente aux guichets CROU. Finalement, il faudra informatiser le système d’attribution des chambres, afin que l’administration centrale puisse contrôler de façon systématique le status des étudiants (inscrits ou non) logés dans les cités universitaires.
Quant bien même, l’on sent une réelle volonté du pouvoir actuel à changer les choses au sein de nos universités, beaucoup reste encore à faire. Et c’est ensemble que nous reussirons ce challenge immense qui nous attend, celui de faire de l’école Ivoirienne une reférence en Afrique et pourquoi pas dans le monde d’ici quelques décennies.

lebanco.net

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