Côte d’Ivoire:Ne nous mangeons plus entre nous

Cette illustration veut tout d

Les différentes attaques perpétrées, récemment, par des éléments inconnus, mais parfaitement reconnaissables, contre des positions des Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) ont de quoi susciter la colère de tous ceux qui avaient commencé à espérer en notre pays et en son président.

Mais cette colère ne doit pas nous faire perdre la raison et nous entraîner dans un cycle morbide d’actions et de représailles qui ne peut qu’engendrer encore plus de souffrances pour les Ivoiriens, et réduire à néant tous les efforts accomplis par le Chef de l’État pour normaliser notre pays.

Ne pas faire le jeu des assaillants

La violence entraîne la violence. Et c’est bien ce qu’espèrent ceux dont l’unique rêve est de voir la tête d’Alassane Ouattara sur un pieu.

Leur stratégie est de créer la chienlit et la psychose dans tout le pays, afin de détourner l’attention des Frci de leur vrai objectif, qui est d’installer une rébellion dans le pays, comme cela a été fait en 2002. Où peuvent- ils espérer pouvoir le faire? Dans le sud-ouest de notre pays.

Parce que cette région leur est politiquement acquise parce qu’il y a d’énormes frustrations créées par les conflits fonciers dans cette région, parce qu’elle est proche du Liberia où ils ont de solides appuis au sein des anciens combattants de la longue guerre qui a dévasté ce pays, parce qu’il y a une forêt où leurs hommes peuvent s’entraîner et se cacher, et parce qu’il y a des richesses agricoles et un port.

Toutes les attaques auxquelles nous assistons en ce moment n’ont pour objectif que de nous distraire, de disperser nos forces, pendant qu’ils se préparent pour la vraie attaque qui est celle de San-Pedro (ville côtière de l’ouest de la Côte d’Ivoire). Ils utilisent les armes qu’ils avaient dissimulées ici et là, et font en ce moment leurs emplettes pour avoir des munitions.

Et si nous nous laissons emporter par la passion pour mener des actions de représailles à tort et à travers, nous ne ferions que faire leur jeu et les laisser réussir leur coup.

Trouvons le moyen de nous parler

Aujourd’hui, nous devons nous asseoir pour réfléchir froidement à la situation de notre pays. Quels sont nos vrais problèmes?

Pourquoi cette nouvelle vague de violence au moment où nous croyons que la guerre est finie et qu’une nouvelle histoire peut commencer?

Minimiser la haine accumulée par certains de nos compatriotes contre Alassane Ouattara serait passer à côté de la plaque. Ces compatriotes se recrutent essentiellement dans les rangs des partisans de l’ancien Président Laurent Gbagbo.

Il y a, parmi eux, ceux qui ont les armes et sont prêts à les utiliser. Il y a aussi ceux qui n’ont pas d’armes, mais supportent ceux qui les ont. Ils sont là, parmi nous, vivent et travaillent avec nous.

Si nous ne voulons pas retomber dans les plus sombres heures de notre histoire, où nous soupçonnions notre voisin, notre collègue de bureau des pires intentions, uniquement à cause de son nom ou de ses origines tribales ou religieuses, il nous faut trouver le moyen de nous parler.

Oublions qu’il y a eu un camp qui a gagné et un autre qui a perdu. Laissons tomber l’arrogance du vainqueur qui se croit habilité, en raison de sa victoire, à tout accaparer.

Attaquer la racine du mal

Souvenons-nous que notre histoire récente nous a appris que c’est lorsqu’un pouvoir a voulu régner en excluant une partie de la population, que le cycle de la violence a commencé. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

Sans abandonner les actions militaires nécessaires pour empêcher les assaillants d’avoir gain de cause, attaquons-nous, dès à présent, aux racines de nos maux.

Entamons les réflexions sur les conflits fonciers. Tant qu’une partie de la population aura le sentiment que des étrangers sont en train de la spolier de ses terres ancestrales, nous n’aurons jamais la paix.

Tant que nous n’aurons pas résolu ce problème, l’ouest restera toujours instable et les déstabilisateurs y trouveront des populations compréhensives à leur égard.

Les partisans de Laurent Gbagbo sont dans leur logique qui est totalement en déphasage avec les faits, mais qui est alimentée par la frustration d’avoir perdu le pouvoir et tous ses avantages.

Il serait probablement vain de chercher à les convaincre aujourd’hui que Dieu et Yao N’Dré (président du Conseil Constitutionnel au moment au moment de la crise postélectorale) n’ont pas donné la victoire à leur champion.

Pour une politique de la main tendue

Mais leur tendre la main, les associer un peu plus à la gestion du pays, ou, pour dire les choses de manière plus crue, les faire manger aussi, pourrait peut-être atténuer leurs frustrations et les détacher des plus extrémistes de leur camp.

S’il est impossible aujourd’hui de libérer leur idole, ce n’est pas le cas de tous ses autres acolytes détenus dans le pays.

La justice, oui. Mais elle a toujours pour objet de maintenir la cohésion sociale. Si son application stricte et rigoureuse doit aboutir à la destruction de cette cohésion, il faut y réfléchir par deux fois.

Si le pardon peut contribuer à maintenir cette cohésion, c’est une piste de réflexion à explorer. Nos livres sacrés que sont la Bible et le Coran nous enseignent d’ailleurs cela.

La force du vainqueur réside en sa capacité à transcender l’envie de se venger, et à pardonner réellement. L’homme qui a beaucoup souffert et qui a pardonné à tous ceux qui l’ont offensé devient un demi-dieu. Et fait régner la paix dans son pays. À l’instar d’un Mandela

Frat mat(Venance Konan)

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